Le permis et le prohibé dans la vie conjugale

Les articles mis en ligne sont tirés de l'ouvrage"Le permis et le prohibé dans la vie conjugale"
de l'auteur : Temsamani Chebagouda Abdelhamid

La religion canalise l’humain vers son destin en vue de son bonheur et, de ce fait, pose des interdits. Tout au long de son existence, le musulman pour plaire à Dieu, se soumet à toute une série d’interdits. Plusieurs versets du Coran le soulignent avec force : IX, 112. Toutes les écoles juridiques se réfèrent au principe fondamental en Islam de ce qui est licite halal, c'est-à-dire permis et ce qui est illicite, harâm, c'est-à-dire interdit. Dans l’amour l’auteur traite de la satisfaction sexuelle, selon une morale déterminée.

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Introduction

Introduction

     Il est sans doute audacieux d’affronter les problèmes complexes et ardus de l’éthique sexuel, surtout au moment où les polémiques les plus vives mettent en cause, à travers le monde entier, non seulement les traditions sociétales, mais aussi les notions modernes de liberté, d’égalité et de droit. La sexualité est devenue un problème à la fois politique, sociologique et philosophique qui anime des débats académiques autant que les tribunes officielles.
Les débats fougueux qui s’improvisent dans la ferveur rappellent ce jeu de labyrinthe où les impasses sont plus nombreuses que les voies qui mènent à la sorties ; et où des feux capricieux allumés par des génies obscurs qui n’ont de mystérieux que les fils qui les manipulent de très loin, ajoutent à la confusion des esprits.
Nous nous méfions de ce qui se dit généralement dans les livres, à notre avis trop politisés pour être objectifs. D’innombrables écrits paraissent dans le monde sur les problèmes de la femme, du couple, de la sexualité qui ont tendance davantage à suivre les mouvements politisés, voir à les exploiter qu’à les contrôler. La famille éclate et le couple dégénère, à l’ombre de la statue d’Eros, un Eros perverti, alcoolique et drogué qui n’est sans doute pas sexuellement plus viril que son ancêtre de l’Antiquité.
A côté des livres, films et revues qui commercialisent la bonne nouvelle de la libération sexuelle, rares sont ceux qui s’interrogent avec plus de sérieux sur le destin des hommes, y compris bien entendu celui des femmes. Mais pourquoi les femmes ? Poser un problème de la femme, cela ne revient-il pas à confirmer la singularité de la femme dans la société ? Ne voudra-t-il pas partir d’une démarche englobante qui chercherait à définir les objectifs d’harmonie dans le monde, en mettant chacun à sa place naturelle et en considérant l’ensemble des liens qui lient les différents membres de la communauté. Cela revient, en partant d’un point de vue transcendant les sexes et les catégories, à analyser la nature et les conditions de ces liens, avant d’être en mesure de proposer des solutions.
Avant d’aborder la question de la sexualité en Islam, il convient d’annoncer que, dans la plupart des études réalisées sur la condition des femmes dans les pays musulmans, la réflexion sur le « statut de la femme en Islam », même si elle se confirme nécessaire et occupe une place dans l’étude, demeure très souvent limitée par rapport aux informations générales concernant cette éthique.
Ces quelques observations de routine dépendent cependant de différents types d’analyse que l’on a l’occasion de suivre dans un certain nombre d’études qui proposent la réflexion plus soignée sur ce problème. Ces études peuvent être agencées de la façon suivante, selon les preuves qu’ils proposent :

- celles qui infirment l’Islam comme une doctrine misogyne, d’après laquelle la femme est automatiquement abandonnée, dépersonnalisée et infériorisée ; 
- celles qui arborent les interprétations « figées », « factices », « inexactes » ou confuses de l’Islam comme la cause de la misogynie régnante dans les terres de l’Islam ;
- celles qui affirment l’hypothèse selon laquelle « l’essence de l’Islam se matérialise dans la période de ses débuts. D’après cette vision, la rupture avec cette expérience prophétique, apparue pour des raisons historiques, serait à l’origine des endiguements misogynes dont on peut trouver la trace même dans les textes sacrés. Alors, que l’Islam recommande à l’égard de la femme l’amour, l’égalité et la justice.

    Cet agencement, certes, demeure simplifié. Il existe en fait, les études qui saisissent divers éléments de ces distinctes hypothèses.          C’est ce fait même qui donne à certaines approches de ce sujet un aspect fort captivant. Et, en ce qui concerne notre étude, nous nous arrêtons sur les thèmes qui, en appuyant sur ces arguments, abordent la question du « retour aux sources »
Le livre d’Ibn Seddiq « mâ yajoûz wa lâ yajoûz » paru aux éditions al Boukilî à Kénitra, se propose de prouver que l’Islam au féminin répond à toutes les questions concernant le domaine de la sexualité. Cette étude a néanmoins le mérite de proposer une réflexion éclairée et critique sur les thèses qui diffusent l’idée d’un  « Islam misogyne »  Par l’effet de la netteté assidue par l’auteur, tous les concepts utilisés dans l’examen s’animent des clartés, pour s’intégrer dans une vision intégrale !
Ce jugement vise toutes les opinions qui cherchent à « accuser » l’Islam quant à la responsabilité de la dévalorisation de la femme. Ces idées, dit Ibn Seddiq sont à l’encontre de l’Islam, qui est venu pour émanciper l’Homme des jougs de l’esclavage et de la servitude. Pour contester tous ces points de vue, l’auteur s’engage dès le début de son ouvrage à analyser en détail les versets coraniques et les hadîths concernant la sexualité du couple dans le cadre du mariage. Ainsi, il esquisse avec diligence la figure de la sexualité en Islam, sur tous les    plans de la vie sociale, afin de dévoiler toute image trompeuse de la « fausse sexualité», de dénoncer toute falsification, et tout cela pour prouver que la femme, en Islam, n’est pas un « objet » opprimé et infériorisé. De surcroît, en s’appuyant sur des textes religieux, il met en relief l’épanouissement de celle-ci.
La vigueur de cette analyse bien instruite jusqu’au bout – la force de cette autopsie théorique des textes sacrés fondée sur une documentation précise – devient sa puissance lorsque le débat dépasse le domaine de l’authenticité et de l’interprétation des versets coraniques et des hadîths prophétiques pour embrasser la réalité de l’Islam vivant. En outre, dans sa réflexion, l’auteur va jusqu’à se demander le pourquoi de cette obstination à présenter les interprétations « fausses » de l’Islam au sujet du thème étudié ? Il cherche à expliquer pourquoi tant de penseurs, connaissant l’émancipation de la femme, continuent cependant à s’accrocher à certaines interprétations falsifiées ?
Pour pouvoir répondre à ces interprétations, l’analyse devait briser son cadre « obscurantiste » et pousser plus loin sa réflexion visant à comprendre le rôle que jouait et joue l’Islam en tant que composante d’une « identité » propre aux musulmans.
La sexualité, éternelle félicité du rôle de gardienne de la perpétration de l’espèce, se trouve au cœur de cette « unité identité », d’où cette fixation sur le problème de la femme dans le monde musulman d’aujourd’hui. Une approche attentive des différentes interprétations qui, d’une manière ou d’une autre, cherchent à valoriser la sexualité en Islam, révèlerait sûrement cet aspect fort important du débat. Ces dernières années virent des universitaires musulmans, foncièrement maghrébins, publier des travaux sur la question (sexuelles en Islam). Le Tunisien A. Bouhdiba, l’Algérien Malek Chebel ou la Marocaine Fatima Mernissi poussent bien loin leur curiosité analytique et renversent bien les idées reçues par leurs coreligionnaires et totalement ignorées des non musulmans.
Mais, pour mieux s’implanter dans ce passé en tant qu’érudit,  savant et homme musulman, ‘Abd al Azîz ibn Seddiq fit ce voyage pour valoriser ce « temps oublié » comme horizon ouvert vers le passé, une plateforme et une alternative pour le musulman déchirée entre plusieurs cultures.
A cet égard, les pages qui suivent ne veulent pas être une pierre apportée à une quelconque restauration d’un « ordre moral » Porter un regard sur la sexualité ne signifie pas prêcher l’interdiction ou la culpabilisation, mais bien plutôt s’interroger sur ce que révèle de notre rapport au corps, au désir, à soi et à autrui, ce qui s’affiche comme non permis.
Il ne s’agit pas de réduire les pratiques sexuelles au silence ni de les déguiser, ni non plus, de ranger d’un côté les activités licites et représentables et de l’autre celles qui seraient illicites et obscènes. Il n’est donc pas question ici de proposer un manifeste dont le contenu serait « autour du sexe, on se tait ». Car, la sexualité en soi n’est pas un danger. Au contraire, elle a trois fonctions positives et vitales : elle permet aux croyants de se perpétrer sur la terre, ce qui est une condition pour le moins indispensable ; elle porte un « avant-goût des délices promises aux hommes dans le Paradis », les encourageant par la même à s’efforcer de gagner le Paradis ; la satisfaction sexuelle.
Notre propos est plutôt de montrer que l’on peut parler de sexualité sans pour autant « la couvrir de honte » comme le disait certains. (2)

Temsamani Chabagouda Abdelhamid

 

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1) La sexualité en Islam, p. 147
2) Voir le livre de cheikh Salih ibn Ghanim al Sadlan, intitulé « Fiqh al Zawâj »

Pratiquer avec son mari toutes les câlineries et les jeux d'amour? Gémir lors du coït ?

Une femme (de Tanger) m’a consulté par téléphone (1).

    Elle me sollicita de lui fournir une réponse juridique sur le fait suivant : « Mon mari, dit-elle, me conjure lors du coït de pratiquer avec lui toutes les câlineries et les jeux de l’amour, qu’il a dû voir à la télévision esp….. » Elle ajouta : «  je me suis abstenue  à satisfaire son désir « impertinent » et j’ai récusé son avance. »
Le mari, poursuivit-elle, s’est irrité et a abandonné le lit conjugal tout en laissant sous-entendre qu’il la délaisserait en dépit de la multiple progéniture qu’elle a eu avec lui ;  je crains, poursuivit-elle, que son irritation et le refus d’exaucer son appétence le conduiraient à se prononcer sur la séparation ;  c’est pour cette raison que je me suis dirigée vers vous pour connaître les prescriptions de la Loi islamique à ce sujet. (2)
En réponse à sa consultation, je lui formulai la réponse qui fut donnée par ‘Omar ibn Qays al Makkî, qui rapporte : « L’épouse de ‘Atâ’ ibn Abî Rabbah m’a questionné disant : mon mari me commande de gémir lors du coït » (3)
Obéis à ton mari, lui répondis-je. Le gémissement, c’est l’allongement de la voix  par les narines. (4)
Ainsi, je disais à l’instigatrice : « Tu devras obéir à ton mari et satisfaire son souhait !  Voire, tu seras coupable au cas où  tu ne combleras pas son désir et tu ne l’empêcheras pas de porter son regard  sur autrui.
Elle fut enchantée par cette réponse, après avoir été dans la gêne de satisfaire le désir de son époux. Il y a quelques mois, je fus également interrogé par téléphone par un homme résident en France sur le même thème, mais – cette fois ci – la question portait sur un sujet tout à fait distinct : Est-ce qu’il est permis aux époux de jouir de leurs sexes respectifs par les baisers ou autres.

    Je lui répondis aussi par l’affirmatif. Après cela, les questions émanant d’un certains nombre de frères, s’étaient multipliées au sujet des questions précitées. Et, c’est en raison de ces empressements, que je  décidai dans ce bref propos d’expliciter les prescriptions divines par rapport aux deux questions, dans le but d’éclairer tous ceux qui désirent acquérir un savoir. (5)

 

Notes

1) Chaque usage dans la vie du musulman doit être confronté à la norme écrite (est ce conformément à la Loi ?) Les recueils de fatwa illustrent cela à la perfection. Le rôle du moufti a toujours était important et s’accroît avec la modernisation. A travers leurs questions les fidèles dévoilent leur angoisse. « Cet acte est-il vraiment conforme aux prescriptions » Les façons de pratiquer les actes non purement cultuels sont laissées à l’appréciation de chaque individu. Seulement, même dans ces actes non purement cultuels, l’Islam offre des principes (des obligations, des interdits, des choses qui sont déconseillés…) à respecter. C’est ainsi qu’en Islam tout devient sacré. Et c’est pourquoi le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) avait dit à ses Compagnons que les relations intimes entre époux sont un acte rapportant récompense auprès de Dieu. A ces compagnons qui s’en étonnèrent, il dit que puisque celui qui le faisait dans l’interdit commettait un péché, celui qui le faisait de la façon permise faisait un acte méritant récompensé de la part de Dieu. Nous dirions donc que pratiquer des actes non purement cultuels est laissé à l’appréciation de chaque individu. D’ailleurs, au sujet des relations intimes, Dieu a explicitement dit dans le Coran qu’elles pouvaient être faites « comme vous le voulez » II, 223. Quelles sont donc les diverses positions à pratiquer, quels préliminaires adopter, tout cela n’est pas spécifié dans les sources de l’Islam, mais est laissé à l’appréciation de chaque couple, comme le souligne Châh Walliyyoullah (Houjat Allâh al Bâligha) 2, 356-357. La règle est donc la permission originelle, à condition bien sûr que soient respectés un certain nombre de principes enseignés par l’Islam. Tout d’abord, il y a bien évidemment l’obligation pour les deux partenaires d’être mariés. Pourquoi l’Islam ne permet-il pas des relations hors du cadre du mariage.
2) La question montre quelles représentations de la sexualité la pornographie met en scène et comment les « conduites » pornographiques finissent par effacer le corps en dépouillant l’individu de son objectivité. Tout en essayant de mettre en scène les aspects les plus cachés et les plus refoulés de la vie humaine, elle vide le mystère de la sexualité de tout contenu.
3) Ibn al Djawzî précise, en effet que le « chakhr » est essentiellement blâmable (Pesle p. 128). Mais,  le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) insiste pour que le coït ne soit pas silencieux, mais accompagné de la parole, agent transmetteur de tendresse, qui exalte le plaisir et le rend réciproque chez les deux partenaires.
4) Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) insiste pour que l’amour ne soit pas silencieux, mais accompagné de la parole, agent transmetteur de la tendresse qui exalte le désir et le rend réciproque, chez les deux partenaires, celui qui parle et celui qui écoute.

5) Le Dr. Ahmad Labiad rejoint la conception du cheikh ‘Abd al Azîz ibn Seddiq, lorsqu’il écrit dans son ouvrage intitulé  (Mariage et plaisir selon l’Islam) : « La mystification de la vie sexuelle est dangereuse, car elle peut générer des conceptions énoncées du corps humain et de ses capacités, induire des comportements pervers ou créer des complexes chez certaines personnes »  Puis, il ajoute ailleurs : « Nous vivons une acculturation sexuelle et, en tant que musulmans nous devons nous réapproprier une culture sexuelle inspirée de nos valeurs morales, une sexualité en cohérence avec notre vision de l’univers, de l’individu et des relations sociales. Après avoir restitué notre culture sexuelle dans le cadre culturel qui est le nôtre, nous pourrons élaborer une vision constructive de ce que doit être la vie intime du couple. Nous ne nions pas que les écrits traitent de la sexualité d’un point de vue occidental ne puissent renfermer des données prouvées justes par la science et qu’ils sont instructifs. Toutefois, ils s’inscrivent tous dans une ligne qui encourage la liberté sexuelle sans condition, ce qui mène à la dépravation et provoque l’instabilité des relations sexuelles des individus. Cela va à l’encontre de tous les principes islamiques qui prônent la chasteté, la réserve, la fidélité et la stabilité sexuelle au sein du couple uni. Par le mariage. Nous avons besoin d’une vision musulmane de la vie sexuelle. »
La légalité du mariage

La légalité (1) du mariage (2)

    Le mariage fut prescrit en vue de se préserver contre le délit de la fornication. (3) et pour éviter de commettre la turpitude. (4) De ce fait, tout ce qui concourt à s’en préserver de ce fléau et aide à s’y adapter à la pratique nuptiale, constitue indubitablement une obligation, car les moyens tiennent lieu d’affinités, tel qu’il a été prescrit par la Loi divine. (5) Et, c’est la raison pour laquelle Dieu (Exalté soit-Il) a dit au sujet des épouses et de leurs époux : « …elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles » (6), c'est-à-dire que chacun des époux est une forteresse pour le partenaire et se trouve secouru par lui contre toute prohibition non tolérée en présence d’autrui. Et, tout ceci ne peut avoir lieu que si chacun des époux dispose de ce qui lui permettrait d’assurer la continence. (7) Ainsi, on ne trouve guère dans la Loi divine un texte interdisant le coït du mari avec son épouse ni prohibant la jouissance réciproque du couple. (8)

 

Notes

1) C’est seulement au sein d’un mariage que la Loi musulmane admet les relations sexuelles, mais tout en tenant compte de la personne avec qui on est admis à vivre en état de mariage : un homme ne peut pas vivre avec toute femme. On ne peut épouser n’importe quelle femme, et toutes les relations ne sont pas permises avec l’épouse. Le mariage est le rempart contre Satan, qu’il rend la sensualité, qu’il sert à repousser les périls de la concupiscence, qu’il rend le regard chaste et qu’il préserve (du péché) l’appareil génital.
2) Le mariage - unissant un homme et une femme par les liens sacrés - n’a jamais été remis en question dans la mesure où il est le point de départ de la famille. Il n’est pas envisageable qu’une famille convenable puisse jamais exister en dehors du mariage, tel qu’Allah, Exalté soit-Il, nous l’a ordonné.  L’instinct sexuel ne doit pas être considéré comme une mauvaise chose en soi. Mais, cet instinct ne doit pas non plus être flatté sans cesse. En fait, il doit être orienté. Et c’est avec l’objet de fournir à l’être humain cette orientation que l’Islam lui offre au sujet de la façon de vivre la sexualité comme au sujet de toute chose, des limites à respecter. L’Islam enseigne de plus que parler de choses intimes doit se faire avec dignité et en utilisant un langage plein de pudeur, comme le fait Dieu quand il dit dans le Coran : (ne les approchez pas) II, 222 et « avant que tous deux se touchent l’un l’autre » LXVIII, 3. L’Islam est nettement et ouvertement favorable aux plaisirs de la chair en tant que tels, sans aucune considération accessoire. Pourtant, il ne leur est pas favorable sans restriction. Il pose des limites en ce domaine puisque le musulman ne doit pas commettre l’interdit. Le mariage avec ses joies charnelles est recommandé, le texte fondamental étant celui-ci : « O croyants, ne vous interdisez pas les plaisirs que Dieu vous déclarés licites ! » V, 89 à quoi s’ajoute « Mariez ceux qui ne le sont pas » XXIV, 32. Les vues de l’Islam sont exposées en deux passages de l’Ihya’, tout d’abord il consacre publiquement tout le livre XII qui traite du mariage dans la « dizaine » du livre où il étudie des questions envisagées par le fiqh. Puis, il revient dans la « dizaine » suivant où il étudie ce qui mène l’homme à la perdition ; la seconde partie du livre XXIII est ainsi relative à la passion charnelle. Il relate en continuation les hadîths exhortant au mariage dont nous extrayons les suivants : « Le mariage fait partie de ma Sunna ; et qui témoigne de l’éloignement pour cette dernière en témoigne à mon égard », « Le mariage fait partie de ma Sunna ; celui qui aime ma religion telle que je la pratique, qu’il suive donc ma Sunna », « Mariez-vous et multipliez-vous, et moi, au jour du Jugement, je vous ferai l’emporter sur toutes les autres nations, même le fœtus (d’entre vous) »
3) Le zinâ « fornication » fait partie des actes dont la pratique fut interdite aux musulmans. La conversion à l’Islam impliquait un engagement du converti à honorer les commandements relatés dans le Coran relatifs à l’allégeance des femmes.  Conférer la sourate « l’Eprouvée », verset 12 qui dit : « O Prophète ! Quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance, [et en jurent] qu’elles n’associeront rien à Allah, qu’elles ne voleront pas, qu’elles ne se livreront pas à l’adultère, qu’elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettront aucune infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds et qu’elles ne désobéiront pas en ce qui est convenable, alors reçoit leur serment d’allégeance et implore d’Allah le pardon pour elles. Allah est certes Pardonneur et Très Miséricordieux » Le zîna est le coït (wat’) pratiqué avec un partenaire auquel on n’est pas uni, par les liens, soit du mariage, valable ou putatif. Les savants donnent des détails anatomiques, des plus précis, concernant ce qu’il faut au juste entendre par cet acte. Le mariage complète la foi, épargne de la séduction, aide à préserver sa chasteté et offre un moyen de satisfaire son désir sexuel. L’adultère n’est donc plus une option. C’est pourquoi le Prophète - sur lui la bénédiction et le salut - parla du mariage en ces termes : « Il permet de rabattre le regard et de préserver sa chasteté. » Il ajouta : « Quiconque se voit octroyer de la part de Dieu une femme vertueuse doit savoir que Dieu l’a aidé à accomplir la moitié de sa religion. Qu’il craigne alors Dieu pour l’accomplissement de la moitié restante. » Le mariage aide non seulement le Musulman à préserver sa foi, mais c’est également un pilier indispensable au bonheur terrestre auquel l’Islam invite les Musulmans. Heureux, rien ne les égare sur le chemin vers leur but ultime : l’élévation de leurs âmes et l’accès à une spiritualité plus profonde. L’imâm Moslim rapporte que le Prophète - sur lui la bénédiction et le salut - dit : « La vie d’ici-bas est un bienfait. Et le meilleur de ses bienfaits est la femme vertueuse. » On attribue également au Prophète - sur lui la bénédiction et le salut - ces paroles : « Quatre choses apportent la joie : une épouse vertueuse, une maison spacieuse, un voisin pieux et une monture confortable. »  Un hadîth déclare qu’il n’y a pas de péché qui corrompt plus le cœur et la religion que les deux péchés le zinâ et l’homosexualité : « Regarder une femme non licite, c’est commettre l’adultère avec les yeux, écouter des mots susceptibles de faire naître la passion et le désir, c’est connaître l’adultère avec les oreilles, converser avec une femme et en tirer du plaisir, c’est commettre l’adultère avec la langue, toucher une femme (étrangère) c’est commettre l’adultère avec les mains… » C’est cette peur de l’adultère qui explique l’interdit de la mixité : « Il n’y a pas un homme et une femme qui restent seuls sans que le troisième ne soit le diable »
4)Ibn Hajar a dit: « La vertu comprend la chasteté, le mariage, l’Islam et la liberté, car toutes ces qualités empêchent l’individu responsable de commettre le péché».  L’Islam aperçoit la sexualité de l'homme au même titre que ses autres désirs. C’est pourquoi nous trouvons qu'il a instauré des règles conformes à l’instinct et à la nature afin de satisfaire ces désirs. L’Islam n’a guère tout permis comme le font les libertins mais il n’a pas non plus tout interdit comme le font certains ascétiques et fanatiques. Au contraire, la position de l’Islam offre le droit d'assouvir ses désirs et de concrétiser le but de tout être humain. C’est pourquoi le mariage en Islam constitue la voie unique permettant de satisfaire les appétits sexuels sans causer de préjudice à la société. C’est une oasis de paix regroupant un homme et une femme en leur attribuant la quiétude morale et physique. Ce lien, qu’est le mariage, est la base de la combinaison des choses dans ce monde. C’est ce que souligne la parole d’Allah: « Louange à Celui qui a créé tous les couples de ce que la terre fait pousser, d’eux-mêmes, et de ce qu’ils ne savent pas ! » XXXVI, 36 ; « Et de toute chose Nous avons créé [deux éléments] de couple… » LI, 49.le Cependant, l'Islam n’est point tel, comme d’autres tendances, à laisser libre cours à ce lien ou à le délaisser, sans aucune règle. Au contraire, il lui donne l’aspect naturel que ce lien entre un homme et une femme doit avoir, en respectant la passion et le penchant vers l'autre, tout en leur rappelant qu'ils se réunissent pour une certaine cause. Car, il doit d’y avoir un but dans ce lien.  De ce fait, il a instauré le but de ce lien entre les deux sexes, car l'Islam considère le mariage comme la seule voie naturelle dans la procréation et l'assouvissement du désir sexuel. Il permet donc de concrétiser un but humain sans négliger la jouissance personnelle. C'est pourquoi il incite au mariage et le facilite, tout en le considérant comme une façon d'atteindre l'agrément divin et Sa récompense. L'Islam ne voit pas uniquement dans le mariage un moyen d'unir l'homme et la femme, et un corps à un autre, ou d'assouvir les désirs et les appétits sexuels. Sa vision est plus profonde et plus grande : il s'agit d'un édifice servant à bâtir le genre humain. Mais, c'est aussi un apaisement et une quiétude du point de vue individuel. Et d'un point de vue social, c'est une obligation communautaire. Pour cette raison, la vie de couple doit se baser sur l'entraide et l'échange de sentiments. Les époux doivent vivre l'un comme l'autre comme une entité, partager le même lit et ressentir que chacun appartient à l'autre.  Ceci est l'un des symboles les plus grands de cette union et l'une des preuves les plus fortes de ce lien, que nécessite la vie conjugale.  Le mariage a été décrété pour se protéger de la fornication. L'adultère ou la fornication est une pratique dont le Musulman doit absolument s'éloigner.  De plus, quand la femme entrait en Islam au début, il lui était demandé de respecter les consignes citées dans le Coran et spécifiques lors du serment d'allégeance.
5) Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a dit: «Mariez- vous…» Cet instinct est utilisé selon la volonté de Dieu. Il sert également les intérêts de l’individu dans les deux mondes : «Puisque Dieu s’est manifesté ouvertement à nous, dit al Ghazâlî,  et nous a clairement fait comprendre Sa volonté, nous n’avons pas le droit de faire fi du mariage. Ce serait comme si nous refusions de labourer le champ et si nous laissions pourrir les semences. Les instruments que Dieu nous a donnés resteraient inutilisés. Ce serait méconnaître gravement que Dieu nous a donné ces instruments afin que nous soyons au service de Sa création (…) donc, tout homme qui se refuse au mariage se détourne de l’ensemencement». L’imâm  al Ghazalî, nous donne une description détaillée de la façon dont l’Islam a intégré l’instinct sexuel dans l’ordre social pour le mettre au service de Dieu qui dans sa sagesse, a voulu prodiguer l’instinct sexuel aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Il dit aussi : « C’est là le fondement du mariage et c’est à cet effet que celui-ci a été institué. Ce que l’on y recherche c’est la perpétuité de la descendance (…) le désir sexuel a été seulement créé comme une cause incitante chagée, en quelque sorte, de faire émettre au mâle sa semence… » Le mariage présente cinq avantages : il procure la postérité, éteint la concupiscence, assure une bonne économie domestique, augment les liens d’alliance et entraîne l’homme à lutter contre l’égoïsme. Couramment d'ailleurs, la Sunna pose que le mariage est fortement recommandé. C'est un plaisir, voire un devoir. D'où cette conception rigoureuse de l'obligation de l'amour physique entre époux. Cependant, Ibn al Djaouzî ne partage pas le même avis : « La question de savoir si le mariage est une obligation où non - dit-il -  donne lieu à plusieurs hypothèses : * il est obligatoire pour celui qui a la fortune et qui craint de commettre l'adultère ; * il est interdit à celui qui n'a pas de fortune et qui ne craint pas de commettre l'adultère ; * il est blâmable pour celui qui ne craint pas de commettre l'adultère mais craint de ne pouvoir s'acquitter à tous les devoirs qu'il comporte ; * il est permis à ceux qui ne se trouvent dans aucun de ces cas... »
6) Sourate II, 187. Vêtement : il faut l’entendre dans le sens de tranquillité, de quiétude et de complémentarité réciproque entre les époux. Par ailleurs, le fait de se débarrasser de tout vêtement et de se mettre tout nu avant l’acte sexuel est une chose voulue dont il est fait mention dans le verset. Ibn Jarîr al Tabari dit dans son Tafsîr : « Que chacun d’eux devienne pour son compagnon un vêtement pour leur nudité quand ils vont dormir, se groupent sous un seul tissu, et l’adhésion du corps de chacun d’eux pour son compagnon est comparable au vêtement qu’il porte sur son corps. On a alors dit de chacun d’eux qu’il est un vêtement pour son compagnon »
7) Pour al Ghazalî, le mariage ne garantit pas uniquement la reproduction de l’humanité. Il protège aussi contre les tentations du diable et de la passion, détourne les yeux des hommes de ce qu’ils ne devraient pas voir et préserve les organes génitaux de la femme. Ainsi l’avait défini le Prophète en disant: «Quiconque se marie s’est déjà prouvé la solidité de sa foi à moitié, qu’il craigne Dieu pour l’autre moitié»  Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a dit aussi : «Le mariage est ma loi. Que celui qui adopte ma façon de vivre adopte également ma loi»
8) L’Islam par le message coranique introduit une éducation polyvalente et progressive qui n’a ni censure ni arrière-pensée, car le vrai et le juste sont ses critères méthodologiques fondamentaux. La Loi musulmane est favorable à la satisfaction de l’instinct sexuel. Dans le Coran le mariage est recommandé. Le texte fondamental étant celui-ci 5/89 à quoi s’ajoute 24/32. La  Sunna ainsi que les faits historiques sont tous dans ce sens : « J’ai épousé des femmes, quiconque se détourne de la voie que j’ai tracée n’est pasdes miens », et « Celui d’entre vous qui est capable d’entrer en mariage doit se marier » et « O jeunes gens ! Celui d’entre vous qui peut entretenir un foyer qu’il se marie, car cela est plus à même de retenir son regard et de préserver sa chasteté. Que celui qui n’en est pas capables s’adonne au jeûne, car cela câline son ardeur »

Les règles de convenance  en matière de vie conjugale

Les règles de convenance  en matière de vie conjugale

    La jouissance réciproque entre les époux n’est guère réduite à un seul aspect ni à un unique type ou à une posture particulière, qui imposerait au mari de s’y conformer et de ne point la dépasser. Cette soit disant règle brille par son absence dans la Loi divine. Mais, ce à quoi doit s’engager le mari lors du coït, réside dans le fait de s’en éloigner du pourtour de l’anus (1), d’éviter la copulation au cours des menstrues. (2) Autrement dit, en dehors de ces deux  vicissitudes, les conjoints possèdent la pleine liberté de jouir réciproquement l’un de l’autre en usant de différents moyens, de plusieurs manières et de distinctes postures, car ils sont l’un par rapport à l’autre une quiétude et une tranquillité (libâs).
La manière d’agir de chacun des partenaires doit viser l’excitation des désirs mutuels et accroître l’amour dans la copulation, tel qu’il en ressort de la Parole divine : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez… » (3), C’est-à-dire selon toutes les postures et les attitudes : étant debout, assise, étendue, mais de façon à ce que l’intromission soit pratiquée exclusivement dans le vagin. On peut aussi inclure dans la pratique toutes sortes de jeux d’amour, de caresses…. (4)
Les juifs disaient que l’acte sexuel qui consiste à pénétrer l’épouse par derrière dans sa partie antérieure entraînerait la naissance d’un enfant atteint de strabisme. Et, c’est en réponse à leur prétention, que Dieu (Exalté soit Il) a fait descendre : « allez à votre champ [et quand] vous le voulez » dans n’importe quelle posture, mais à condition que la pénétration soit pratiquée dans le lieu destiné à la semence. (5)  Par référence à la délicatesse et à l’obligeance de ce sujet, la charî‘a a laissé la porte grand ouverte au désir, à la bonne entente et à la jouissance des époux, afin de leur permettre d’accéder au summum du plaisir réciproque. (6)

 

Notes

1) Toutes les formes de jouissances sont permises, hormis le coït dans l’anus. Suivant l’avis de la majorité des écoles juridiques, le lieu de la pénétration est incontestablement la partie antérieure (le vagin) et non pas la partie postérieure (l’anus). Voir « al Qawânîn al fiqhiyya » p. 211 ; « Fath al mou‘în qorat al ‘ayn » p. 108. Ibn ‘Abbâs commente le verset « allez à votre champ comme (et quand) vous le voulez » ainsi : étant debout, assise, par derrière dans la partie antérieure, c'est-à-dire dans l’endroit où puisse germer la semence. Donc, il est formellement interdit de pénétrer sa femme par l’anus. Dans le cas où une femme consentirait à un tel acte, elle serait aussi pécheresse que son mari, étant donné qu’il s’agit là de rapport proscrits aussi bien par le Coran que la Sunna. Dieu dit en effet (Coran II, 222) et le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) dit : « Maudit soit celui qui pénètre sa femme par l’anus » Les risques de la pénétration anale d’une femme ne sont pas moindres que ceux que présente la copulation lorsque l’épouse a ses règles ou est en couche. C’est là, la preuve que l’Islam ennoblie l’homme au degré le plus élevé et qu’il fait de lui un être capable de contrôler ses instincts.
2) Tout rapport sexuel entre époux est prohibé pendant que la femme a ses règles ou qu’elle est en couches. Si un couple contrevient à cette loi divine, un péché est commis et la responsabilité incomberait aussi bien au mari qu’à l’épouse, si cette dernière était consentante. En effet, l’époux pourrait contracter une maladie vénérienne, il souffrira alors à chaque miction à cause de l’inflammation de son appareil génital. Quant à la femme, elle encourt la putréfaction de son utérus, ce qui pourrait aboutir à la stérilité définitive.
3) Coran II, 223.  Les femmes sont pour l’homme considérées comme un champ de culture qu’il faut fréquenter, entretenir, cultiver, arroser, purifier, travailler, exploter d’une façon normale, régulière, légale, pour que la production à récolter soit aussi légale, fructueuse, génératrice de tous les fruits attendus. L’acte sexuel dépend de deux volontés distinctes, c’est un rapport entre un couple de croyants avec des besoins et des désirs qui ne coïncident pas obligatoirement.  Al Tabarî ajoute sa propre opinion : le verset permet à l’homme de prendre sa femme quand il veut, comme il veut, par devant ou par derrière, l’essentiel est qu’il la pénètre par le vagin, le seul endroit où « al harth » (la semence), la seule possibilité de semer l’enfant, est garantie. Donc, l’acte sexuel est une expression d’amour ultime ainsi qu’une rencontre totalement émotionnelle et physique. Le Coran traite cette relation entre mari et femme dans une expression brève mais telle « Elles sont vos vêtements ». L’opinion généralement adoptée, quant au verset 231, est qu’il autorise en particulier, le coït min doubouriha, mais fî qoubouliha. En somme, la question des moments de la copulation et des positions licites se pose aux juristes à partir du verset coranique : II, 223  Si la métaphore du champ est claire pour toute exégèse, affirmant le lien entre plaisir sexuel et fonction procréatrice, la préposition annâ est diversement interprétée : comme où, ou quand. La longue exégèse d’al Tabari sur ce thème conclut que le seul sens acceptable de ce verset concerne la position du coït et que la métaphore du champ implique nécessairement le coït vaginal, excluant la sodomie hétérosexuelle.
4) Le hadîth dit : « Toute chose qui ne fait pas partie du rappel d’Allah est futilité et jeu, si ce n’est quatre : un homme qui caresse sa femme, l’homme qui dompte le cheval, l’homme qui marcha entre deux hommes, l’homme qui apprend la natation », rapporté par al Nasâ’î. Par ailleurs,  Ibn al Qayyim disait dans son Zâd al maâ’d, p. 204 : « Et, il est bon d’user avant la copulation d’attachements envers la femme, de l’embrasser…. » De même, al Nafzâwi écrit dans son Jardin parfumé : « Ne conjoins la femme qu’après avoir badiné avec elle, jusqu’à ce que son eau soit près de descendre. Ce qui permettra la réunion de son eau avec la tienne, provoquant son plaisir… », et «  L’homme qui ne s’occupe que de jouir sans faire jouir en même temps que lui est un malheureux qui gaspille ses forces »
5) Le verset II, 223 est à l’origine de la conception congénital de la procréation et des attitudes familiales et sociales qui en découlent. C’est le concept « semence- champ » Le concept « semence-champ » décrit par Antoine Gailly « Islam et sexualité ». La croyance dans l’affirmation « l’enfant vient de la semence de l’homme » entraîne en corollaire que la « femme et surtout son corps » est de cette manière réduite à être dispensatrice de soins, comme la terre »
6)  « Il y a plusieurs raisons, écrit Aboû Tourab dans son ouvrage intitulé « La sexualité en Islam, pratiques et méthodes » quant au développement de ce thème et de ces sujets importants auxquels nous sommes la plupart du temps confrontés dans notre vie conjugale et que plusieurs ne voient qu’à travers une fenêtre étroite. Dû à l’ignorance flagrante de telles choses, exposant la vie du couple à plusieurs chocs brutaux et à de nombreux problèmes, le bonheur conjugal auquel aspire le couple ne peut que se briser, dès la première nuit, n’apportent dans leur nouvelle vie qu’une jouissance sans valeur réelle, car ils négligent un point important : connaître les règles morales et physiques en rapport à la vie du couple, empêchent l’homme et la femme d’atteindre la jouissance et le plaisir recherché dans la pratique sexuelle.

Les préludes à l’amour et les caresses entre époux

Les préludes à l’amour  et les caresses (1) entre époux (2)

    En dépit des règles de convenance en matière de la vie conjugale, la Loi divine a encouragé tous les penchants convoités par l’esprit dans les jeux de l’amour, car ces préludes amplifient la joie et la liesse sollicitées dans la cohabitation du couple. C’est la raison pour laquelle, il est répréhensible de coïter avant les préludes à l’amour, afin d’éveiller l’appétence de la femme et de lui procurer une jouissance à l’instar du plaisir du partenaire.
Omar ibn ‘Abd al ‘Azîz a dit : Il ne faut pas la pénétrer, tant que tu n’auras pas suscité en elle un désir similaire au tien, de peur d’éjaculer avant elle.
Un homme lui dit : Est-ce que je suis concerné par ce discours ? « Oui !», répondit-il, tu dois lui prodiguer des baisers, l’envoûter et la charmer. Et, dès que tu remarques qu’elle a atteint le même désir, copule donc avec elle. Sache que, pour accroître, l’amour de l’épouse, il faudrait qu’elle atteigne l’orgasme au même moment que son mari. (3)
C’est dans ce contexte qu’on rapporte le hadîth : « Lorsque vous faîtes l’amour avec votre conjoint, il faudrait y être sincère. Et, une fois que vous parviendrez à l’orgasme, il ne faudrait pas arrêter jusqu’à ce que votre partenaire soit satisfaite à son tour » (4)
Tout cet acte ne doit se dérouler que dans une atmosphère orchestrée par des cajoleries perfectionnées et des enlacements prolongés, qui précéderaient le coït. Or, il a été confirmé par les médecins que la hâte dans l’aboutissement à l’extase par le mari avant l’épouse pourrait causer à celle-ci un grave préjudice et lui provoquer par la suite de sérieuses maladies, tel le fait de prendre en aversion son époux. Ainsi, pour remédier à ce fléau, il faudrait que l’acte sexuel soit précédé par les caresses entre les conjoints (5). C’est pourquoi, il a été recommandé d’introduire le coït par les jeux et les préludes d’amour. Il a été rapporté dans le hadîth : « Allah est ravi des tendresses  prodiguées par l’époux à son épouse. Il leur écrit pour cet acte une rétribution »  (6)
Jâbir (7) s’est marié avec une femme âgée pour veiller sur ses frères. Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) lui dit alors : « Aurais-tu épousé une fille célibataire qui te caresserait et que tu caresserais, qui te comblerait et que tu comblerais, que tu mordillerais  et que tu mordillerais »  (8)
Maymoûn ibn Mahrân, un imâm de la catégorie des Suivants a dit : « Jouissez de vos femmes selon vos envies, mais à condition que l’objectif soit le même », c'est-à-dire le vagin (9)  Ibn Yamoûn dit dans son poème didactique sur l’éthique de la sexualité légale et ses prescriptions :

Evite de copuler dans les vêtements
Car, c’est faire  preuve d’ignorance (10)

O mon ami, tout ce qu’elle porte doit être retiré
Et prodigue lui des caresses sans l’intimidation

En la serrant contre toi, en la pénétrant et en l’embrassant.

O mon ami, le contraire de ce qui a été dit conduit à une mésentente et provoque une rupture.(11)

    Autrement dit, le fait de coïter avec son épouse sans lui prodiguer des caresses préliminaires est une des causes de la mésentente et de la dissolution du mariage. (12)
En résumé, le mari est totalement libre d’employer lors des jeux de l’amour, la méthode qui lui convient. Par ailleurs, l’épouse doit l’aider dans ce sens, et il lui est interdit de se refuser à complaire son désir. Elle doit savoir qu’elle bénéficie d’une rétribution et d’un grand mérite dans tout ce qui contribue à préserver son époux dans la chasteté et à concourir à le satisfaire de son amour.
Les savants de l’Islam se sont passionnés pour la publication au sujet de la manière de pratiquer la sexualité conjugale.  Cet intérêt fut mentionné par l’auteur de l’œuvre intitulée: « Kachf al dhounoûn fî asâmî al koutoub wal founoûn » ; et par Seddiq Hasan Khân dans « Abjad al ‘ouloûm ». L’érudit al Souyoûtî est lui aussi l’auteur d’une épître gracieuse sous l’intitulé « Chaqâ’iq al outrouj fî waqâi‘ al ghounj » (Les sœurs des cédrats aux délicatesses affectueuses), dans  laquelle il répondit à celui qui le questionna sur ce sujet, tout en  explicitant la permission légale de traiter ce thème, voire il confirma que cette science est recommandée. (13)
Quant à la jouissance tirée par l’homme du vagin de son épouse et vice versa,  ce plaisir fut autorisé par les savants, qui soulignent qu’il est aussi permis au mari de se faire masturber par la main de sa femme.  Le maître mâlikite Ousbough (14) dit : il est même permis au mari de pratiquer le cunnilingus avec son épouse, parce que les secrétions vaginales de la femme ne sont pas infectées. (15)

 

Notes

1) Il n’y a pas de mal à ce qu’une personne qui jeûne embrasse son conjoint, du moment qu’elle ne craint pas que cela stimule son désir et qu’elle soit amenée à commette l’interdit : la relation sexuelle pendant le jeûne. Aïcha, (que Dieu l’agrée), rapporte : « L’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut), embrassait ses épouses et les caressait alors qu’il jeûnait, cependant qu’il était le plus apte parmi vous à contenir son désir sexuel. »  A ‘Omar ibn Abî Salama, qui demanda à l’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut) : « Le jeûneur peut-il embrasser ? », le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) répondit : « Pose la question à Oumm Salama ». Cette dernière l’informa que le Prophète (P.S), faisait cela. ‘Omar reprit : « Ô Envoyé de Dieu, Dieu t’a pardonné tes péchés, ce qui en fut et ce qui en sera. »  Et l’Envoyé de Dieu, de répondre : « Je jure par Dieu que je suis, parmi vous, le plus pieux envers Dieu et celui qui Le craint le plus. » ‘Omar ibn al-Khattâb, (que Dieu l’agrée), rapporte : « Un jour, alors que je jeûnais, je me suis laissé aller et j’ai embrassé mon épouse. Je suis donc allé trouver le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), lui disant : « J’ai commis aujourd’hui une grave erreur : j’ai embrassé ma femme alors que je jeûne ». L’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut), me demanda : « Que penses-tu du fait de te rincer la bouche pendant que tu jeûnes ? » « Il n’y rien de grave à cela », acquiesçai-je. Il me répondit : « N’est-ce pas la même chose ? » Parmi nos prédécesseurs, certains ont autorisé le baiser pour le vieillard, mais pas pour le jeûne homme, comme cela est rapporté par Ibn Mâja, selon Ibn ‘Abbâs : les caresses sont permises pour le vieillard qui jeûne, mais déconseillées pour le jeune homme. Il semblerait que cette parole remonte au Prophète. Mâlik, al Châfi‘î  et al Bayhaqî ont également rapporté cet avis avec des versions authentiques, d’après `Atâ’ ibn Yasâr, selon qui Ibn `Abbâs fut questionné au sujet du baiser du jeûneur. Ce dernier l’autorisa alors pour le vieillard mais le désapprouva pour le jeune homme. C’est aussi ce que rapporte Aboû Dâwoûd d’après Ibn `Abbâs. D’après Aboû Houraïra, un homme demanda au Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), sur lui, s’il pouvait caresser son épouse pendant qu’il jeûnait. Le Prophète le lui permit. Un autre homme vint le trouver pour la même question, et il le lui interdit. Celui à qui il avait donné la permission était un vieillard, et celui à qui il l’interdit était un jeune homme. ‘Abdoullah ibn `Amr ibn Al `Âs rapporte : « Nous étions avec le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), lorsqu’arriva un jeune homme, demandant : « O Messager de Dieu, puis-je embrasser ma femme lorsque je jeûne ? », ce à quoi le Prophète répondit : « Non. » Puis vint un homme âgé demandant : « Puis-je embrasser ma femme lorsque je jeûne ? », ce à quoi le Prophète répondit : « Oui. »  Al Aswad rapporte : « Je demandai ; à ‘Aïcha: « Le jeûneur peut-il se livrer à des caresses ? » Elle me répondit : « Non. » Je poursuivis : « Mais l’Envoyé de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, ne caressait-il pas ses femmes ? » Elle répondit : « Il était plus apte que quiconque à maîtriser son désir » En ce qui concerne les caresses qui imposent les ablutions majeures, qui rompent le jeûne et qui imposent le rattrapage des jours manqués et une expiation, ce sont les caresses qui finissent par l’introduction de tout ou partie du gland du pénis dans le vagin de la femme. Le cheikh Sayyid Sâbiq écrit à ce propos : « La rencontre des organes sexuels : c’est lorsque le gland disparaît dans le vagin, et ce, même s’il n’y a pas eu éjaculation, en raison de la Parole de Dieu - Exalté soit-Il : « Et si vous êtes pollués (jounoub), alors purifiez-vous par un bainAl Châfi`î dit : « Dans la langue arabe, la janâba (pollution) désigne en réalité le rapport sexuel, même s’il ne conduit pas à l’orgasme. » Il dit également : « Ainsi, lorsqu’on dit qu’untel ajnaba avec untelle, on entend par-là qu’il a eu des rapports sexuels avec elles, même s’il n’a pas éjaculé. » Il poursuit : « Par ailleurs, personne ne conteste ; que la fornication, punie par la flagellation, correspond à l’acte sexuel hors mariage, même s’il n’est pas accompagné d’éjaculation. » D’après le hadîth rapporté par Aboû Houraïra, que Dieu l’agrée, l’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut), a dit : « Si un homme s’installe entre les quatre membres d’une femme, puis qu’il a un rapport sexuel avec elle, alors il doit faire ses ablutions majeures, qu’il ait éjaculé ou non. »  Sa`îd ibn al-Mouseyyeb rapporte par ailleurs : « Aboû Moûsâ al Ach`arî, dit un jour à ‘Aïcha : « Je voudrais te poser une question, mais j’ai honte. »  Elle lui dit : « Pose ta question et n’aie pas honte. Je suis ta Mère, tu sais. ». Il la questionna alors au sujet de l’homme qui a un rapport sexuel mais qui n’éjacule pas. Elle lui répondit que, d’après le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) : « Si les organes sexuels se rencontrent, alors les ablutions majeures deviennent nécessaires. » La pénétration impose donc d’effectuer les ablutions majeures, tandis que de simples attouchements ne les imposent pas. Cela est valable aussi bien pour l’homme que pour la femme, et est consensuelle ment approuvé. » A l’unanimité des savants, seul l’acte sexuel rompt le jeûne et impose le rattrapage et l’expiation. Al Boukhârî et Moslim rapportent d’après Aboû Houraïra : « Un homme vint trouver le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), lui disant : « Je suis perdu, ô Messager de Dieu ! » « Qu’est-ce qui t’as perdu ? », s’enquit le Prophète. « J’ai eu un rapport sexuel avec ma femme pendant le ramadan », se plaignit-il. Le Prophète lui dit alors : « As-tu les moyens d’affranchir un esclave ? » « Non », répondit l’homme. Le Prophète reprit : « As-tu la capacité de jeûner deux mois consécutifs ? » « Non », répondit-il encore. Le Prophète poursuivit : « As-tu les moyens de nourrir soixante pauvres ? » « Non », dit-il une dernière fois avant de s’asseoir. Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), apporta alors un panier de dattes et dit à l’homme : « Distribue ceci aux pauvres. » L’homme dit : « A des plus pauvres que nous ? Il n’y a aucune famille dans cette ville qui a besoin de ce panier de dattes plus que nous ! » Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), rit alors jusqu’à ce que ses dents soient apparues, puis il dit : « Va, nourris-en ta famille. » Dans la variante d’al-Boukhârî figure : « A des plus pauvres que moi ? » Dans la variante d’Aboû Dâwoûd : « Il apporta un panier de dattes, d’une quantité équivalente à quinze sâ`." Et à ce propos, le Prophète dit : « Mange-le avec ta famille, jeûne un jour et implore le pardon de Dieu. »
2) La jouissance procurée par l’acte sexuel doit donc être accessible à tous et à toutes. C’est un devoir, non seulement d’apprendre l’art de jouir afin de s’en servir « à bon escient » et d’ « en tirer part », mais rechercher tout ce qui peut l’accroitre et le mettre à la portée d’autrui, par conséquent l’enseigner, au même titre que la grammaire.
3) La femme a besoin d’un temps plus long pour atteindre l’orgasme. C’est une chose plus difficile chez la femme que chez l’homme. C’est pourquoi le mari quand le mari accorde une attention particulière et une grande importance à son épouse, il lui offre en réalité l’occasion de jouir à travers la pratique sexuelle, donc ceci répercute sur eux et sur leur union conjugale. L’homme doit donc faire attention à plusieurs choses dans la relation afin de préserver la chaleur qui existe entre eux dans leur union, il ne doit pas la corrompre avec son égoïsme. Par exemple, la femme ne considère pas le stade des attouchements sexuels comme « une phase d’échauffement » comme croient la plupart des hommes, mais bien comme une partie importante du désir charnel lui-même. Aussi les maris ne doivent pas se précipiter dans cette phase, poussés par la chaleur du désir. Au contraire, il faut respecter les différents intervalles par lesquels passe la femme dans sa pratique sexuelle.
4) Selon la Sunna, lorsque le mari parvint à l’extase avant son conjoint, il lui est recommandé d’attendre jusqu’à ce que cette dernière éjacule : « Il faudrait les satisfaire, car leur bonheur est dans leurs vagins » dit le hadîth  rapporté par Aboû Ya‘lâ dans son Mousnad, d’après Anas ibn Mâlik. Al Nafzâwî écrit dans son Jardin parfumé : « Il est préférable d’agir ainsi….quand tu auras obtenu ce que tu voulais, ne te lève pas aussitôt pour la quitter. Tu te sépareras d’elle avec douceur…Descends sans hâte de dessus elle du côté droit…Si la femme éprouve de l’affection pour l’homme, elle embrassera son époux, après la fin de l’opération, lui manifestera la joie-de le voir auprès d’elle, à cause du plaisir qu’elle devra tirer de sa rencontre avec lui » Le mari en Islam doit obligatoirement le coït à sa femme. Les foqahas disent que c’est un devoir pour le mari de veiller sur la chasteté de son épouse afin de lui éviter de commettre le péché, et l’on peut considérer que c’est là une incitation pour le mari à la satisfaire, mais, en fait, du point de vue juridique, la femme ne peut exiger de son époux d’autres droits que la nafaqa. L’imâm al Ghazâli écrit dans l’Ihya : « Puis, lorsque le mari atteint son but, qu’il attende donc sa compagne, afin que celle-ci également puisse satisfaire son besoin. En effet, assez souvent l’éjaculation de la femme est retardée, et cela excite son désir sexuel (au lieu de l’apaiser). En outre, le fait, pour l’homme de se retirer trop vite cause un dommage à la femme…que le mari ne s’occupe pas exclusivement de son propre plaisir, car souvent la femme est retenue par la pudeur. »
5) Il est préférable que l’homme caresse son épouse avant la pénétration, comme cela est rapporté dans une version d’al Boukhârî, lorsque Jâbir a annoncé au Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) qu’il avait épousé une femme qui avait déjà été mariée, le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) lui dit : « Pourquoi n’as-tu pas pris une vierge avec laquelle tu aurais joué et qui aurait joué avec toi » 
6)  D’après le hadîth d’Aboû Dharr rapporté par l’imâm Moslim : « Il y a dans le coït de l’un de vous une aumône (une sadaqa)… » Ce  texte assimile l’œuvre de chair à l’aumône. Le 25ème hadith du corpus de Nawawî nous l’apprend :  « Selon Aboû Dharr – que Dieu soit satisfait de lui -: « Des gens parmi les Compagnons du Messager de Dieu  (Dieu le bénisse et lui accorde le salut) dirent au Prophète (sur lui la bénédiction et le salut):  « Les riches ont emporté les récompenses: ils prirent comme nous prions, ils jeûnent comme nous jeûnons, et ils font de plus des aumônes avec le surplus de leurs richesses» - « Est ce que Dieu, répondit- il, ne vous a pas dotés d’autres biens que vous pouvez dépenser en aumônes ? En vérité, pour toutes tasbiha (ce qui revient à dire – Soubhana Allah) « Gloire à Dieu!», vous aurez accompli l’équivalent d’une aumône. Pour toute takbira qui consiste à dire « Allahou Akbâr» (Allah est le plus Grand) une aumône aussi vous est comptée. Pour toute tahmida consistant à dire «Al Hamdou lillahi» (Louange à Dieu!); une aumône, toute tahlila qui consiste à dire «lâ ilâha illa Allah» (Il n’y a de dieu sauf Dieu), une aumône. Ordonne le bien, c’est faire une aumône; réprouver le mal, une aumône; enfin, pour un acte sexuel, accompli licitement par l’un d’entre vous, la valeur d’une aumône vous est acquise»
« O Messager d’Allah, dirent ils, alors, est ce que l’un d’entre nous, assouvissant ses désirs charnels, aura droit par-là à une récompense?
- Pensez - vous que si son désir s’était porté sur un quelque objet interdit, il se serait chargé d’un grave péché?
- Oui certainement. De même s’il l’assouvit licitement, il en sera récompensé»
7) Le Compagnon Jâbir ibn ‘Abdoullah.
8) Hadîth rapporté par al Boukhârî, Moslim, Aboû Dâwoûd, Nasâ’î et Ibn Mâja. Al Boukhâri l’a rapporté dans le chapitre : « Du mariage avec les vierges », d’après Jâbir ibn ‘Abdoullah ; al Tirmidî l’a rapporté dans le chapitre « Du mariage avec les filles célibataires» ; al Tabarânî d’après Jâbir également, mais avec un ajout : « Elle te mordillerait et tu la mordillerais ». On trouve également dans le même chapitre la version transmise par ‘Ouwaym ibn Sa‘ida, rapportée par Ibn Mâja et al Bayhaqî, dans laquelle il dit : «  Vous devez vous marier avec les filles célibataires, car leurs bouches sont plus exquises » Et, d’après Ibn ‘Omar et autres qui ajoutent : « …et plus ardentes lors du coït »  rapporté par Aboû Nou‘aïm dans le chapitre « De la médecine » La raison pour laquelle, il a été recommandé de se marier avec les filles célibataires réside dans le fait que celles-ci sont plus aptes pour une complète familiarité, car il se pourrait que le cœur de celles qui connurent le mariage soit toujours attaché au premier mari.
9) On a cité plus haut l’interdiction de pénétrer la femme par l’anus (al Mouhaddhab 2/66) La Sunna prophétique renferme plusieurs hadîths parmi lesquels : « Est maudit celui qui copule avec sa femme par l’anus » rapporté par Ahmad, Aboû Dawoûd, Nasâ’î, d’après Aboû Houraïra. C’est un hadîth sahîh : « Celui qui copule avec sa femme par l’anus a commis la petite sodomie » rapporté par Ahmad d’après ‘Amr ibn Chou‘aïb, d’après son père, d’après son grand-père. Conférer le reste dans le hadîth dans l’exégèse d’Ibn Kathîr 1/263
10) Ainsi, le déshabillage peut faire partie des jeux sexuels du prélude. Il favorise l’excitation sexuelle des deux partenaires. Dans le même ordre d’idées, il faut savoir prendre le temps de laisser entrer en jeu le plaisir de se «voir». Le plaisir de l’œil se conçoit d’un bout à l’autre de l’acte amoureux; s’il ne prend pas une place trop importante dans la gamme des stimulants sexuels, il est tout à fait légitime de ne pas sciemment s’en priver. La nudité totale fait partie intégrante de l’union amoureuse, car la vue du corps du partenaire « augmente l’aptitude à parvenir à la quintessence de la jouissance». La vue du sexe est « un aphrodisiaque si puissant que la tentation qu’il suscite est irrésistible» Mais, elle doit être couverte, soit à l’occasion de la prière, soit lorsqu’ils se trouvent en présence les uns des autres. Cette interdiction de se dévoiler entièrement subsiste-t-elle lorsqu’il s’agit d’époux, ou d’un couple uni par le concubinage légal ? Sans insister sur les détails de ces questions, disons que la réponse varie selon les écoles : C’est ainsi qu’Ibn al Djouzî  (l’auteur des Qawânin al fiqhiyya)  nous dit que le mari peut voir le corps de son épouse y compris le sexe et vice versa. En rite châfi‘îte, (al Bajoûrî, Glose II, 110-111) dit que le mari peut voir tout le corps de sa partenaire, à l’exception du sexe et la réciproque est vraie, à condition que la femme soit autorisée par lui. En ce qui concerne le sexe, il y a une controverse : certains disent qu’il est interdit, mais c’est une opinion faible et l’opinion la plus solide est que cela est permis, mais blâmable. Al Bajourî cite le hadîth de ‘Aïcha selon lequel ni le Prophète (P.S), ni elle-même n’avaient jamais contemplé la nudité l’un de l’autre.   
11) Voir le chapitre « De l’éthique sexuelle en Islam » le poème didactique d’Ibn Yamoûn.
12) L’acte d’amour allume un feu qu’une stérile séparation ne pourra éteindre : « La passion qui s’échauffe ressemble en effet, au feu qui s’allume, et de même que l’eau peut seule éteindre celui-ci, de même l’émission du sperme peut seule en calmer les ardeurs et en apaiser les tourments » al Nafzawî. Ici se pose un problème aussi délicat qu’important. L’idée dominante est l’éthique sexuelle de l’union conjugale dans le cadre du mariage musulman qui est le moyen le plus efficace de surmonter de nombreuses crises survécues par la société moderne.
13) Il existe aussi des œuvres qui relèvent plutôt du manuel d’érotologie comme le « Collier de la Colombe » d’Ibn Hazm ;  le « guide de l’éveillée » d’ibn Foulayta (14ème siècle) et surtout le « Jardin parfumé » du cheikh al Nafzâwî (15ème siècle) ; l’ouvrage « Touhfat al ‘aroûs wa nouzhat  (mout ‘at) al noufoûs » d’al Tidjânî, édité pour la première fois au Caire en 1301h, Alger et Paris 1848, par A. Rousseau sous le titre « Touhfat al ‘aroûs ou le cadeau des époux ». Autres  éditions, Caire vers 1987, Londres 1992. Cet ouvrage est loin d’être un ouvrage pornographique du type « Roudjoû‘ al cheikh ilâ sibâh », mais c’est un compendium sur l’amour et le mariage, il donne dans 25 chapitres des conseils pour le choix d’une femme, avec des cription détaillée des signes de beauté, classés suivant les parties du corps. Il donne des indications sur la façon de traiter la femme et sur la vie conjugale, en précisant les moyens qui doivent en augmenter l’agrément, le tout sous formes de hadîths et d’extraits d’écrivains  classés dans l’ordre chronologique » L’auteur essaie de présenter le canon de la beauté et du bonheur conjugal. D’autres sont plus truculents, comme celui qu’a pu écrire Esphchhâm auteur du 19ème siècle sous l’intitulé « Epître de la queue ». Ce qui explique l’importance de la littérature érotique musulmane, la plus riche du monde. Tous les traités consacrés à l’amour témoignent d’une sensualité libérée, encouragée. Elle décrit en détail les techniques sexuelles, l’art d’exciter le désir, de l’entretenir, de le satisfaire et de le renouveler cultivé avec raffinement par ces maîtres de l’érotisme.
14) Aboû ‘Abdoullah Ousbou‘ ibn al Faraj ibn Sa‘îd ibn Nâfî‘ al misrî, décédé en 255 h en Egypte. L’Islam enseigne que parler de choses intimes doit se faire avec dignité et pudeur comme l’a fait Dieu quand Il parle dans le Coran : « Ceux qui comparent leurs femmes au dos de leurs mères, puis reviennent sur ce qu’ils ont dit, doivent affranchir un esclave avant d’avoir aucun contact (conjugal) avec leur femme… » 58/3. Cette question fut l’objet d’une large polémique  entre les savants. La question de l'amour oral (fellation et le cunnilingus) n'a donc pas été abordée de façon explicite dans les hadiths. Il n'en reste pas moins que les savants musulmans ont exprimé diverses opinions à ce sujet: Un grand nombre de savants (parmi lesquels le célèbrejuriste musulman contemporain, cheikh Wahbah al Zouheïli) condamnent plus ou moins sévèrement cette pratique. Ils affirment que ce genre d'attitude ne doit pas être celle d'un musulman ou d'une musulmane. Selon eux, ce comportement s'apparente plus à la bestialité qu'au comportement naturel humain. D'autres savants (àl'instar de cheikh Qaradâwiou cheikh Sa‘îd Ramadân alBoûti) sont d'avis que, n'ayant pas été explicitement interdite dans nos références premières, cette pratique reste permise, à partir du moment où les époux y consentent. Ils avancent également le fait que l'excitation buccale des parties intimes de l'époux (se) peut, dans certaines sociétés et dans certaines conditions, contribuer à la protection de l'harmonie et de l'équilibre au sein du couple...
15) Le cunnilingus échappe à l’interdiction formelle. Ainsi, dans le cadre d’une relation conjugale légitime, le musulman peut se livrer librement à toutes les joutes orales avec sa partenaire sans crainte, excepté le saphisme et la sodomie qui sont strictement interdits. Ainsi, le mari peut recourir à la pratique buccale au niveau du sexe de son épouse comme en l’embrassant, car les secrétions vaginales servant à lubrifier le sexe de la femme et permettre la pénétration. Et, si cala est dit pour l’homme vis-à-vis du sexe de son épouse, il en est de même pour l’épouse vis-à-vis du sexe de son mari. Le cheikh Sâlih al ‘Outhaymin répondit à la question : « Quel jugement peut-on porter sur les secrétions que connaissant certaines femmes, sont-elles impures ? » en formulant : « Ces choses sortant du sexe de la femme sans désir ne nécessitent pas le lavage rituel, quant à celles qui sortent de l’endroit d’où vient l’enfant, les savants ont divergé au sujet de leur impureté. Certains disent que les secrétions de la femme sont impures. D’autres ont dit que les secrétions vaginales de la femme sont pures, mais annulent les ablutions quand elles proviennent. Et c’est là l’avis le plus juste. Mais, le cheikh Sâlih al Louhaydân dit que cette pratique n’est pas autorisée pour les raisons suivantes : c’est une pratique animale qui ne convient pas à l’homme ; pendant les rapports secrètent un liquide (vaginale ou spermatique) qui est une impureté ; c’est une pratique qui n’était pas connue des salafs. Wahba al Zouhaylî est lui aussi d’avis que cela n’est pas autorisé. Pour al Qaradâwî, en soi le fait de s’embrasser là où ils le veulent n’a pas été interdit par les sources musulmanes (Fatawâ  2/353 et Tahrîr al mar’a, Aboû Chouqqa 6/234 où est cité l’avis d’Ousbough sur le sujet) Il faut également souligner que la substance que les organes génitaux masculin et féminin sécrètent au moment de l’excitation (al mady) est nâjis et il est donc interdit de l’avaler. Mais, il s’avère que toute pratique relative à n’importe quel aspect de la vie n’est interdite que si l’interdiction religieuse en fait mention et existe. Car, la base de toute chose est la permission tant que l’interdiction n’est pas présente.

Ce qui est recommandé avant la copulation

Ce qui est recommandé avant la copulation.  

    Nous abordons ici encore une fois le thème des caresses amoureuses prodiguées par l’époux à son conjoint avant la copulation, pour qu’ils puissent atteindre conjointement le summum de la jouissance, du délice et pour parvenir finalement à l’éjaculation selon le moyen le plus approprié et le plus efficient, qui assurerait le but du mariage et préserverait la chasteté (des deux partenaires). (1) L’absence d’une telle prérogative affligerait les conjoints et les attristerait, surtout si l’appétence est pressentie par les deux partenaires. (2)
Les savants assurent que les échanges d’étreintes, les attouchements  et les baisers (3) au cours de la copulation augmenteraient la puissance de la fusion, voire même les impuissants en tireraient profit de cette jonction. Ils ajoutent que de telles pratiques sont autorisées par la Loi divine, eu égard à leur impact positif sur la perpétuité de l’affection et de l’amitié. (4) Dans ce cas, l’épouse est sommée, voire elle sera rétribuée pour cet acte parce qu’il constitue une voie pour la continence envisagée par le mariage. Et, c’est pourquoi la Loi divine a insisté sur les préludes à l’amour et les a jugés comme étant parmi les meilleurs divertissements de l’homme, tel qu’il en ressort du hadîth : « Toute chose dont un homme se sert comme moyen de délassement est vaine, excepté l’entraînement de son cheval, le tir à l’arc et les jeux amoureux avec son épouse »  (5)
La désapprobation de coïter avant les caresses et les préludes à l’amour est mise en relief par le dire du Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) : «Ne prenez pas vos femmes comme font les bêtes. Il est plus appréciable d’envoyer un message avant l’acte ».
 Quel est le message ? lui demandèrent-ils. (6)
Le baiser et  la fusion amoureuse, répondit-il. Il dit aussi : « La mésentente provient du fait qu’un homme s’unit avec son épouse, puis s’accouple avec elle avant les préludes et les jeux de l’amour, la pénètre et assouvit son désir bien avant qu’elle puisse elle aussi atteindre l’orgasme » (7). L’auteur du « Madhkhal » (8) énonce : « C’est une obligation, pour quiconque désire faire l’amour à son épouse, d’éviter ce que font certains gens du commun et dont la pratique est répréhensible »  (9)
L’auteur de « Ihyâ’ » (10) cite dans son livre : « Lorsqu’il (le mari) assouvit son désir, il doit patienter et attendre que son partenaire se réjouisse elle aussi et satisfasse son appétence. Car, il est fort probable que son orgasme soit tardif. Par ailleurs, son délaissement risquerait de la troubler, voire de lui causer du tord. L’inconstance dans la nature de parvenir à un orgasme conjointement entraîne une mésentente autant que le mari fait preuve d’une éjaculation prématurée. Cependant, le fait d’atteindre un orgasme de concert procure à l’épouse un plaisir indicible. Pourtant, il se pourrait que le mari ne cherche qu’à satisfaire son plaisir et ne se soucie que de soi-même et qu’elle ait une certaine pudeur (11).
Ibn al Hadj écrit dans son « Madhkhal » : « Lorsqu’il satisfait son plaisir, il ne doit pas se presser à mettre fin à son commerce, car cet acte pourrait la perturber. Mais, il doit le maintenir jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que son étreinte s’est apaisée. (12)
Le but consiste à veiller sur elle, puisque le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) faisait des recommandations à leur sujet et exhortait qu’on use de beaucoup de tact à leur égard. Cette situation sollicite autant de bienveillance que d’autres. Alors, qu’il essaie de déployer tous ses efforts dans ce sens. (13) Mais cette pratique ne serait possible que s’il la fasse préluder par des attouchements avant l’étreinte, et ce afin d’exciter l’instinct de la volupté chez l’épouse, en vue de parvenir à un accord simultané dans l’orgasme. (14) Et, c’est ainsi qu’il a été dit dans le hadîth : « La meilleure des femmes, est celle qui fait preuve de continence pour son vagin, mais se montre très avide « ghalima » envers son époux » (15) En somme, la « ghoulma » signifie l’appétence accentuée et l’empressement pour le coït. Khâlid ibn Safwân dit : « Celui qui épouse une femme qu’il prenne une compagne interdite pour son voisin, mais sensuelle avec son mari », et la sensualité consiste à ce qu’elle soit voluptueuse avec le mari dans les jeux de l’amour, et de n’avoir absolument aucune retenue pour la procuration du plaisir.
Un homme dit à Ibn Sirîn : Lorsque je m’isole avec mon épouse, j’use d’un langage indécent dont j’ai honte ! - « Est-il enjoint par le plaisir ? lui demanda-t-il, c'est-à-dire, est-il dicté par le ravissement. Un arabe dit : le plaisir de la femme est conditionné par son envie et sa jalousie est déterminée par son amour. Et, tout ce qui est pratiqué par les époux lors du coït explique le lien partagé entre leur cœur, leur affection et leur fusion lors de la copulation, tel qu’il est relaté dans le Coran : « elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles ».
Le renoncement à ce comportement de la part de l’un des partenaires explique l’amollissement de l’amour, la débilité de la concorde, de même il affiche la non-conformité aux normes exigées par la bonne cohabitation invitant à l’amitié et à la bonté sur la base desquelles Dieu a érigé la vie conjugale, tel qu’il est dit dans le Coran : « Il établit entre vous une concorde et une bonté » (16)
En fait, malgré sa tyrannie, al Hajâj ibn Yousoûf (17) répondit lorsqu’on lui demanda : « Est ce que l’émir plaisante avec son épouse ? »
– « Est-ce que vous voyez en moi un démon ?  Par Dieu, il se pourrait que j’embrasse la plante des pieds de l’une d’elles.  L’acte d’embrasser la plante des pieds fait partie des jeux de l’amour mentionnés dans les livres relatifs à cet art.
C’est pourquoi, la majorité des foqahas des quatre écoles sunnites et autres recommandent qu’il n’est point permis au mari de se retirer avant l’éjaculation (18), en pratiquant le ‘azl (19) qui consiste à expulser le liquide séminal en dehors du vagin.

    Ce procédé est dénommé par la médecine moderne (le coït interrompu) et il se traduit par le retrait du pénis du col de l’utérus avant l’émission du sperme. Cet acte ne peut se faire qu’avec le consentement de l’épouse puisque sa pratique  la prive d’atteindre le sommet de l’orgasme ; lui cause un grand dommage ; l’atteint de faiblesse, la plonge dans la mélancolie et le stress. Ceci touche en général les femmes hyper sensibles du fait que son impact sur certaines d’entre elles est plus irritable que chez d’autres ; il lui provoque par ailleurs une crispation dans les membres du bassin inférieur à cause de l’arrêt incessant et brusque du plaisir, au point où certains médecins se sont prononcés ainsi : Lorsque la femme ressent une douleur dans l’abdomen sans que le praticien ne puisse déceler des inflammations internes, on devrait attribuer l’origine de cette souffrance au (coït interrompus) répété, qui n’est autre que le ‘azl réalisé avec l’épouse. (20)
Donc, il a été réprouvé de pratiquer le retrait (du pénis) avec l’épouse sans son approbation. (21) En somme, cette recommandation fait partie des secrets de la Loi divine, qui ne peut être conçue que par celui qui s’y connaît en matière de médecine. Aucune règle alors n’est prescrite par la Loi divine sans qu’elle ait une certaine consécration. Autrement dit, l’insatisfaction de l’épouse dans son plaisir lors du coït pourrait lui occasionner des maladies psychiques, physiques tel qu’il a été décrit par les spécialistes dans leurs œuvres ; ils soulignèrent encore que si cette action est réitérée par le mari, elle pourrait également être à l’origine d’une animosité et d’une répulsion envers lui, voire elle sera à l’origine du motif qui poussera la femme à demander la séparation. J’ai eu l’occasion d’aborder plusieurs cas de ce genre, qui se soldèrent par le divorce et dont la cause provient à l’origine des faits déjà relatés. (22).
Le secret de tous ces actes, est traduit par le hadîth du Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) qui dit : «Lorsque vous faites l’amour avec votre conjoint, il faudrait y être sincère. Et une fois que vous parviendrez à l’orgasme, il ne faudrait pas arrêter jusqu’à ce que votre partenaire soit satisfaite à son tour» Ce hadîth est rapporté par ‘Abd al Razzâq et Aboû  Ya‘la, d’après Anas. Le prophète (P.S) dit aussi : « Si l’un de vous fait l’amour à sa femme, il ne doit pas se retirer avant qu’elle n’atteigne son orgasme tel qu’il le souhaiterait pour sa personne ». Ce hadîth est rapporté par Ibn ‘Iddy, rapporté d’après Talha par une voie élevée. (23)
De même, le mari peut être sujet à des torts dus au ‘azl et au coït interrompus telles que la faiblesse procréatrice et les maladies psychiques, notamment chez les individus névrosés qui seraient amenés à chercher le plaisir absolu dans d’autres choses par des voies déviationnistes. Donc, le mari doit constater ce fait afin d’éviter tout interdit légal et hygiénique.

 

Notes

1) L’homme doit badiner avec la femme, c'est-à-dire l’exciter par des mordillements, des sucements de lèvres, des caresses sur le cou et les joues : «  Ce qu’il y a de préférable dans le coït, ce qui met le comble à la jouissance, c’est l’étreinte, ce sont les baisers, les sucements de lèvres … » disait al Nafzâwî dans le Jardin parfumé. Il est dit aussi : « La femme est comme un fruit qui ne laisse échapper sa suavité que si tu le frottes avec tes mains…l’échauffes avec les doigts » Le remède de la concupiscence y demeure une fonction essentielle qu’on juge par le hadîth : « Lorsque l’un d’entre vous voit une femme et qu’elle lui plaît, qu’il aille donc à son épouse : ce sera avec elle comme avec l’autre »
2) Il faut faire précéder la copulation de paroles, de baisers, de caresses. Au moment du coït on prononcera la formule « Bismi Allah » suivies d’autres formules pieuses. Le mari doit tenir compte des désirs de sa partenaire et qu’il ne pense pas seulement à sa propre satisfaction. Car, le sexe est un art requérant un temps non pas des moindres, c’est pourquoi l’homme doit savoir que la femme a besoin de plus de temps pour atteindre l’orgasme. Il est donc conseillé que le mari ne doit point se précipiter et d’apprendre comment jouir par les attouchements. La précipitation de l’homme nuit à l’harmonie spirituelle du couple.
3) Pratique considérée comme étant une source de plaisir, il provoque des sentiments intimes et souvent en préliminaire à l’acte sexuel. Au festin de l’amour, le baiser est un hors d’œuvre savoureux obstiné à ouvrir l’appétit… Sans baiser, dit cheikh  al Nafzâwî (décédé vers 1420 de l’ère grégorien à Tunis) : « …. il n’est pas de manière de faire l’amour qui procure le véritable plaisir. Attendre que le baiser soit un des plus vives stimulations de l’amour de l’homme et de la femme… » L’acte d’amour allume un feu qu’une stérile réparation ne pourra éteindre. Le baiser a pour but de « porter la sexualité féminine au point d’effervescence qui conduit à la parfaite jouissance »
4) Personne ne peut accepter d’être considéré comme un objet. L’homme gagnera le cœur de sa femme comme une personne. Les problèmes et les disputes commencent dans leur vie dès lors que la distance et l’écart de l’autre apparaissent. Très vite la femme saura que la seule chose qui les réunit est la chambre, ce dont se plaignent plusieurs femmes en disant : « Mon mari ne se préoccupe de moi que quand il veut faire l’amour avec moi». La femme n’est alors qu’un objet érotique et ne ressent pas au travers du rapport sexuel avec son mari qu’il manifeste son amour envers elle et l’attirance de l’un vis-à-vis de l’autre. Au contraire elle ressent qu’elle est utilisée et c’est précisément ce que la femme ne peut tolérer. L’homme peut faire beaucoup pour son épouse en tant que personne, et qu’il tient à elle pour ce qu’elle est et rien d’autre. Ainsi, l’amour qu’il porte grandira avant même qu’il ne soit adressé à sa femme.
5) Rapporté par al Tirmidî dans le chapitre du mérite du djihad, et l’a authentifié ; il a été aussi rapporté par Aboû Dawoûd dans ses Sunans. Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) nous recommande d’éviter l’attitude suivante : « …qu’il s’approche de sa femme, et qu’il la connaisse sans lui avoir d’abord tenu des propos tendres, ni fait des caresses, ni s’être couché à côté d’elle, en sorte qu’il satisfait son besoin, grâce à elle, avant qu’elle n’ait pu satisfaire le sien, grâce à lui » al Ghazâlî. Lorsque Jâbir (Dieu soit satisfait de lui) a annoncé au Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) qu’il avait épousé une femme qui avait déjà été mariée, le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) lui dit : « Pourquoi n’as-tu pas pris une vierge avec laquelle tu aurais joué et qui aurait joué avec toi » Dans une autre version « qu’ils s’embrassent avec la langue et mélangent leur salive » Cette pratique a été signalée par Ibn Hajar dans le Fath et c’est aussi l’avis d’al Qortobî. Ibn Qoudâma dit : « Il est bon qu’il joue avec son épouse avant qu’ils aient un rapport, afin d’augmenter son désir et qu’elle prenne autant de plaisir que toi, afin que tu ne jouisses pas avant elle. Embrasse-la, fais lui des clins d’œil, caresse-la, et lorsque tu vois qu’elle a atteint le même niveau de désir que le tien, pénètre-la » al Moughnî 10/232.
6) Rapporté par al Daylamî avec l’expression « Ne prenez pas vos femmes comme font les bêtes. Il est plus préférable d’envoyer un message avant l’acte » - « Quel est le message ? demandèrent-ils. – « Le baiser et la fusion amoureuse ! » répondit-il….. » C’est dans ce contexte, à l’intérieur d’une relation d’amour, que l’activité sexuelle sera source de bonheur et de joie; la gaieté manifestée dans les actes sexuels n’amoindrit en rien le caractère de dignité de la communication; bien au contraire, elle lui confère plutôt une dimension supplémentaire importante. L’harmonie sexuelle s’accompagne généralement d’une bonne entente conjugale. Al Ghazalî a longuement abordé ce sujet dans l’Ihya au chapitre « al mou‘âchara » (règles de convenance en matière de vie conjugale) où il conseille les bons usages : « Le mari se montrera d’abord caressant en paroles, puis donner ses baisers….Lorsque, dans la relation sexuelle, il aura atteint la volupté, qu’il attende sa compagne : la simultanéité de l’orgasme est plus agréable pour la femme. La mari ne peut s’occuper uniquement de rechercher son propre plaisir »
7) Rapporté par al Daylamî dans son Mousnad. Il a été cité ici de façon concise. Lorsque l’homme a assouvi son désir, il ne doit pas s’écarter de son épouse jusqu’à ce qu’elle assouvisse son plaisir, car cela est meilleur pour faire durer la relation et l’affection.
8) Deuxième partie, chapitre intitulé « Comment coïter avec son épouse » page 190, composé par Aboû ‘Abdoullah Mohammad al ‘Abdarî  al Qabîlî al Fâsî (737h) au Caire.
9) Lorsque le mari atteint son but, qu’il attende donc sa compagne, afin que celle-ci également puisse satisfaire son besoin. En effet, assez souvent l’éjaculation de la femme est retardée et cela excite son désir sexuel (au lieu de l’apaiser). En outre, le fait pour l’homme, de se retirer trop vite cause un dommage à la femme.
10) Ses vues sont exposées en deux passages, de cette Somme ; tout d’abord, il y consacre pratiquement tout le livre XII qui traite du mariage dans la « dizaine » de l’Ihya où il étudie des questions également envisagées par le fiqh.
11) Ihyâ’, deuxième partie, livre « De l’éthique du mariage », chapitre 3, page 52 « Règles de convenance en matière de vie conjugale » C’est là que naît l’une des conditions les plus importantes pour l’adaptation si nécessaire des deux partenaires l’un à l’autre, aussi bien corporellement que spirituellement. Il arrive par exception que deux êtres, homme et femme, soient comme crées l’un pour l’autre, mais dans la plupart des mariages ceci n’est aucunement le cas, bien que, dans les débuts, les apparences semblent bien souvent démontre le contraire. La réalité crue de la vie, qui ne tient décidément, jamais compte des aspirations et des désirs individuels, fait apparaître bientôt des facteurs qui menaceront l’harmonie et l’unité du mariage. Même dans un mariage qualifié d’«idéal», il est toujours question de prendre et de donner afin de maintenir la bonne harmonie. Il y aura là une réussite, parce que chez les deux partenaires il existe une prédisposition à sacrifier une partie de la personnalité propre, d’écarter un certain égoïsme et les désirs personnels ou d’adapter ces derniers aux désirs et aspirations du partenaire.
12) Deuxième partie, chapitre « Du coït avec l’épouse » p. 191
13) Les exigences sexuelles de la femme selon l’imâm al Ghazâlî semblent véritablement accablantes et la nécessités où est l’homme de les satisfaire devient un devoir social pressant « Car la préservation de la vertu de la femme est une obligation pour le mari. En somme, il convient que le mari multiplie ou diminue les rapports sexuels avec sa femme selon le besoin qu’en a la femme pour demeurer vertueuse. »
14) « Zâd al ma‘âd » où Ibn al Qayyim mentionne : « Est- il est bon d’user avant la copulation d’attouchements envers la femme, de l’embrasser. De plus, le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) usait de caresses envers son épouse et l’embrassait »
15) Ibn Rochd énonce dans « al mouqadimât » (les introductions) : Il n’est guère permis de rendre licite le vagin en dehors de ces deux aspects. » Dieu (Exalté soit-Il) dit : « qui se contentent de leurs rapports avec leurs épouses ou leurs captives, on ne peut donc les blâmer ; tandis que ceux qui convoitent d’autres femmes que celles-là sont transgresseurs ». Néanmoins, le mariage en général est conseillé contrairement à l’avis de l’école juridique littéraliste qui préconise qu’il est obligatoire.
16) Sourate 30, 22. La sexualité est une composante tellement fondamentale dans la vie de l’homme et de la société, qu’on la retrouve détaillée dans le Coran, la loi religieuse (charî‘a) et le droit musulman jusque dans ses détails intimes. La sexualité n’est ni refusée ni avilie, mais elle est disciplinée en vertu de la responsabilité morale qu’elle implique.
17) Al Hajâj ibn Yousoûf al Thaqâfî.
18)  L’imâm al Ghazâlî insiste sur la relation sexuelle des deux époux ; il la justifie en attribuant à la femme l’aptitude sexuelle qui réside dans l’éjaculation du mari. De cette  façon, il abrège la divergence entre les époux pour la démarquer en fin de compte en une simple différence dans le temps de l’éjaculation qui s’avère très lente chez la femme par rapport à l’homme. On dit que la « femme est comme un fruit qui ne laisse échapper sa suavité que si tu la frottes avec tes mains, l’échauffes avec tes doigts »
19) Méthode anticonceptionnelle traditionnelle. C’est le fait de se retirer au cours de l’émission du sperme n’a jamais été défendu de façon formelle dans le Livre. Si, en principe, il ne faut rien faire qui puisse gêner la conception, on conclut cependant que le ‘azl est « permis » ; mais il est « blâmable » en certaines circonstances. Dans les rapports avec la femme libre (mariée), il est interdit au mari de se retirer au moment de l’émission du sperme, si ce n’est avec le consentement de l’épouse. Le droit musulman envisage l’onanisme avec sévérité. Mais, al Ghazâlî cite des hadîths qui montrent bien que la pratique existait chez les Compagnons du Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) et qu’il l’approuvée. Il répondit (sur lui la bénédiction et le salut) à une question : « Pratique le ‘azl, si tu veux, mais elle (la femme) n’échappera pas à ce qui lui est imparti (de la part de Dieu) » Les juristes résument comme suit leur position. Le fait de se retirer au cours de l’émission du sperme n’a jamais été défendu. Donc, le ‘azl est permis, mais il est blâmable en certaines circonstances. Ainsi, dans ses rapports avec l’épouse, il est interdit au mari de se retirer au moment de l’émission du sperme, si ce n’est avec le consentement de l’épouse. Lorsque le sperme a pénétré dans la matrice, il est interdit de l’en extraire.
20) L’éjaculation prématurée va à l’encontre du but préconisé par la chari’a au sujet du mariage. Car ce dernier fut institué en vue de préserver le mari et l’épouse, tel qu’il a été relaté dans le hadith qui mit en garde l’éjaculation du mari. Le danger serait grand en effet que la femme, plus lente à réagir, se trouve frustrée, insatisfaisante en garde tenace rancune à son partenaire. L’homme, pour rapide qu’il soit, devra malgré tout tenter de se contenir, de manière que son éjaculation, suivie dans la plupart des cas d’une immédiate détumescence, n’intervienne pas à un mauvais moment. De ce fait, Mustapha al Zoubaidî propose dans ce cas, comme remède au mari dont l’éjaculation est prématurée de retarder le coït en le faisant précéder par les préludes comme instruments merveilleux du plaisir sexuel et l’impact des communications des sentiments spontanés.
21) L’imâm Ibn Qodâma dit dans le Charh al moumti‘ : « Et, s’il jouit avant elle, il est détestable qu’il s’écarte d’elle avant qu’elle ne jouisse, d’après ce qui a été rapporté par Anas ibn Mâlik, le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous a un rapport avec son épouse…et qu’il assouvit son désir, qu’il ne presse pas son épouse jusqu’à ce qu’elle assouvisse aussi son désir » Ibn ‘Outhaymin dit que le hadîth est faible, mais son sens est vrai.
22) Nefzawî dit : « Trois choses prouvent l’incapacité de l’homme.. .Puis, il a cité par elles…le fait que l’homme fasse l’amour avec son épouse sans avoir fait précéder l’acte par des paroles tendres et affectueuses »
23) C’est à cause de cela que beaucoup d’unions se trouvent dans une impasse, dans une espèce de cercle vicieux. Le résultat, selon les estimations des psychiatres est le nombre considérable qui souffrent de frigidité sexuelle, pouvant être facilement estimé à un haut pourcentage, alors que dans quatre vingt-dix pour cent des ménages non idéales, quelque chose ne va pas dans la vie sexuelle. Il est rapporté dans une autre version: Il faudrait les satisfaire, car leur bonheur est dans leurs vagins»

Les attouchements prodigués par le mari à son épouse

Les attouchements prodigués  par le mari à son épouse

    En vue de se préserver mutuellement (contre les turpitudes) et dans le but de consolider une entente cordiale et une familiarité affectueuse entre le couple, la Loi divine incite le mari à prodiguer des caresses à son épouse tel qu’il est relaté dans le Coran : « afin que vous reposiez auprès d’elles, et Il a établi l’amour et la bonté entre vous » (1).

    Cette raison encouragea les juristes des quatre écoles juridiques sunnites et autres à publier de multiples ouvrages pour expliquer ce qui a été prescrit naturellement par la Loi divine à cet effet, et expliciter sa portée, ses aspects, ses caractéristiques, ses applications obligatoires et recommandées. Car, la règle des affinités (de la Loi),  (2) tel qu’il a été confirmé et connu par chaque être instruit en jurisprudence, vise à travers le mariage la préservation conjointe des deux époux (contre le péché). Et, chaque caresse contribuant à cette protection sous toutes ses formes, est recommandée et exigée. Voire, elle est obligatoire dans certains cas, tel qu’il est notifié par les savants dans leurs livres et expliqué de manière exhaustive, de sorte qu’il ne persiste aucun doute pour le musulman à leur sujet, et qui font l’objet des matières dont il est fait allusion dans le hadîth «  Celui pour qui Dieu en veut du bien, il l’instruit en religion » (3).

    Toutefois, lorsque l’ignorance se répandit  suite à l’éloignement graduel des musulmans des sommaires développant les prescriptions de leur Religion et relatant la façon de la vivre, leur discernement se restreignit, leur raisonnement se resserra, leur conception s’exténua  en raison de leur abstention de se référer  aux (petits et grands) livres de sciences (religieuses). Ils n’explorèrent plus les secrets de la Loi divine ni ses ordonnances, et toute information qui leur parvienne au sujet de la cohabitation conjugale, sur la façon de coïter avec l’épouse, sur la licéité totale de jouissance partagée du corps de chacun des conjoints par rapport à l’autre, sans aucune contrainte ni restriction à se limiter à une seule partie, ni à une seule position, fut considérée par eux comme faisant partie des questions censurées, malaisées pour l’oreille. Voire, ils nièrent des choses sur quoi ils n’ont aucune prise, en raison de leur ignorance, de leur écart de l’apprentissage des chapitres se rapportant à leur vie conjugale dont ils sont astreints à examiner. Ce comportement conduit la plupart des gens à se conduire grossièrement avec leurs épouses, en adoptant une activité bestiale pleine d’aversion morne, dénudée de ce qui pourrait créé une atmosphère d'affection, de bonté et de magnanimité dont Dieu (Exalté soit Il) et Son Envoyé (sur lui la bénédiction et le salut) nous recommandent à s’y conformer et à appliquer dans la cohabitation conjugale, afin que la vie du couple s’épanouisse dans le bonheur matrimonial et suivant un altruisme cordial, même s’ils n’ont pas les grands moyens et se trouvent privés de richesse. (4)

    De nos jours, tout ce cadre brille par son absence dans les relations conjugales des musulmans à cause de l’ignorance éreintante, générale qui les enclave au point où toute manifestation de la science est saisie comme étant une impéritie, tout éclaircissement des règles juridiques est devenue une question déplorable, toute notification des points obscurs portant sur leurs secrets sont dévisagés comme une ironie. Il  n’y a de Puissance que celle de Dieu ! 

    En fait, c’est la raison pour laquelle, je ne prête aucune attention ni ne me soucie guère de l’objection proclamée par certaines personnes incultes à l’égard des affirmations et des explications que j’ai avancé au sujet des préludes et des jeux de l’amour prodigués par le mari à son épouse, parce qu’elles sont fondées sur des preuves tirées des opinions des imâms. (5) Par contre, cet exposé fut l’objet d’un ravissement par rapport aux gens corrects, désireux de s’instruire dans leur Religion et d’acquérir davantage de connaissances. Ils sont très intentionnés par ces éclaircissements. Effectivement, plusieurs d’entre eux me supplièrent de mieux approfondir les commentaires relatifs à ce thème. Certains même, considérèrent que la Loi divine ne s’y était point intéressée et n’avait guère explicité au musulman et à la musulmane comment ils devraient accommoder leur vie conjugale par rapport à l’accouplement et à la copulation, comment devraient-ils jouir mutuellement l’un de l’autre afin que chacun d’eux puisse s’en passer pleinement de toute relation en dehors du mariage.   

    Quant à cet ignorant contestataire, je lui répéterai ce qu’avait dit le poète :  

 

« Je devais sculpter les rimes à partir de leurs sources

Mais, je ne suis point responsable si les vaches ne comprennent pas »

 

    En somme, les savants – tel que je l’ai exprimé – ne se dérobèrent guère à l’explication des attouchements, ni ne négligèrent aucunement leur démonstration et leur développement dans de nombreux ouvrages. (6) Ceux qui composèrent au sujet de l’affirmation des sciences et des arts cultivés par les Musulmans, considérèrent la sexualité comme étant une science autonome et un art souverain à l’instar de ce qu’avaient assuré Hâdjî Kkalîfa dans son ouvrage « Kachf al dhounoûn fî asâmî al koutoub wal founoûn » et al Qannoûjî  dans « Abjad al ‘ouloûm » (L’abécédaire des sciences).

    En conséquence, l’ignorant est tenu à renoncer à son incompétence, à se mettre en quête de la science et du savoir pour connaître ce qu’il méconnait, ce que sa carence refuse à admettre en considérant le discours au sujet de la sexualité – en raison de son manque de discernement et de compréhension – comme étant une insuffisance et la dissertation sur son thème pour la faire découvrir aux Musulmans comme étant une affaire réprouvable non permise selon son jugement, sa courte vision et sa confuse ignorance. L’Imâm ‘Alî a eu raison lorsqu’il disait : «L’homme est tributaire de sa langue, parlez, et vous vous découvriez ! » 

 

Notes

 

1) Sourate XXX, verset 21. L’imâm al Ghazâlî recommande le plaisir pré-coïtal comme étant principalement dans l’intérêt de la femme, comme un devoir du croyant. Puisque le plaisir de la femme demande que l’on s’attarde aux stades intermédiaires, le croyant doit s’efforcer d’y subordonner son propre plaisir. Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a dit : « Qu’aucun de vous ne se jette sur sa femme comme le font les bêtes, mais il y aura d’abord un messager entre eux » On lui demanda quel est ce messager ? » Et, il répondit : « Des baisers et de douces paroles ». Les faits qu’il ne faut pas négliger les préliminaires avant les relations intimes commandent au mari de badiner son épouse. Or, ce point doit faire l’objet de la part du mari, car l’homme et la femme ne vivent pas leur sexualité de la même manière. En fait, alors que pour l’homme, la sexualité est beaucoup plus physique, la femme ne peut se donner à son mari que si elle se sent bien avec lui, si elle s’estime en sécurité auprès de lui, si elle y est prête psychologiquement.

2) Maqâsid al charî‘a

3) Hadîth rapporté par al Boukhârî dans le livre de la Science, chapitre : la science avant la parole et l’acte ; dans les livres de l’I‘tisâm et de la zakât ; rapporté aussi par Moslim, Ahmad, al Darîmî, Tirmidî, Ibn Mâja, al Nasâ’î, et Mâlik dans le Mouwattâ’. Il est rapporté par quatre compagnons : Ibn Mas‘oûd, Ibn ‘Abbâs, Aboû Houraïra et Mou‘awiyya. Il est aussi rapporté sous 23 variantes. Ce hadîth énonce trois principes : de la prééminence du savoir religieux, du fait que Dieu seul pourvoit l’homme de ce savoir, du fait que certains membres de la communauté ne dévieront jamais de la vérité.

4) Le musulman ne doit pas faire preuve de violence envers son épouse. Cette situation est illustrée par le hadîth rapporté par l’imâm Moslim : « Le croyant ne doit pas mépriser son épouse croyante, si un trait de son caractère lui déplait, qu’il se rappelle ses autres qualités »

5) Il est désirable, dit al Ghazâlî, que les âmes pieuses se délassent au moyen de ce qui est religieusement permis et voilà pourquoi Dieu (Exalté soit-Il) a dit : « Afin qu’il trouve quiétude auprès d’elle » VII, 189. Ali dit : « Délassez vos esprits un temps durant, car, si on les contraint, ils s’obscurcissent » Selon un hadîth : « Trois moments s’imposent à l’homme intelligent : durant l’un il s’entretient avec son Seigneur, dans l’autre, il se rend des comptes à lui-même, il consacre le dernier à manger et à boire »

6) Il  n’y a pas de sujet tabou  en Islam. Dans le passé, des savants comme al Souyoûtî, Ibn Hazm ou al Ghazâlî, sommités en matière de science du Coran et des hadîths, concepteurs d’ouvrages sur le Coran, les hadîths, le droit, la spiritualité, etc. qui font aujourd'hui encore référence, ont eux-mêmes laissé des écrits singuliers sur la sexualité. D’ailleurs, n’est-ce pas Dieu qui a créé l'homme et a voulu qu’il ait une âme comme un corps ? Ne nous a-t-Il pas donné des directives pour notre vie sur terre, avec toutes les composantes de celle-ci ? Ce qu'il faut cependant, lorsqu’on aborde ce genre de sujets, c’est de rester dans le cadre du permis et d’utiliser un langage plein de pudeur.

Les caresses et la délicatesse de l’épouse envers son mari

Les caresses et la délicatesse(1) de l'épouse envers son mari

Au nombre des auteurs qui rédigèrent sur le thème objet de notre préoccupation figure le sceau des érudits Jalal al Dîn al Souyoutî (2), imâm traditionnaliste qui vécut au onzième siècle de l’hégire. Il publia sur cette  matière plusieurs traités parmi lesquels, on cite :

- « al wichâh fî fawâ’id al nikâh » (L’ornement des utilités du mariage) ;
- « Mabâsim al milâh wa mawâsim al sabâh » (Les sourires des gracieuses filles et les parfums matinaux) ;
- « al yawâqit al thamîna fî sifât al mar’a al samîna » (Les précieuses émeraudes afférentes aux attraits de la femme rebondie)  (3)

    Il mentionna dans l’introduction de son livre « al wichâh » (l’ornement) : « Gloire à Dieu, Créateur des literies, des palanquins et des couchages… » Et, il y ajoute ailleurs : «  Les gens écrivirent tellement de livres au sujet de l’art du mariage, mais le meilleur ouvrage composé sur ce thème est certainement le « Touhfat al ‘aroûs »… (La figurine de la fiancée) »
Parmi les œuvres de l’érudit al Souyoutî afférentes à cet art, on relève également le titre : « Chaqâ’iq al outroûj fî riqâq al ghounj » (Les sœurs des cédrats aux délicatesses affectueuses). La cajolerie consiste à ce que l’épouse se comporte avec douceur et affection envers son époux. Cette conduite est qualifiée de « ‘ourouban » (4) (gracieuses et d’égale jeunesse), éprise de son mari et emporté vers le coït par lequel se parachève la jouissance. Car, si la femme n’est pas amoureuse de son mari, ni éprise de coïter avec lui, sa jouissance sera réduite. Et, c’est pourquoi les femmes du Paradis furent qualifiées de « ‘ourouba » (gracieuses) conformément à la Parole de Dieu : « Elles les aimeront et jouiront de la même jeunesse qu’eux, que ceux de la droite à qui elles sont destinées » (5).
L’érudit al Souyoutî cita dans son « Chaqâ’iq al outroûj fî  riqâq al ghounj» (Les sœurs des cédrats aux délicatesses affectueuses) : « Je l’ai composé en réponse à une question qui m’a été posée au sujet de sa légalité (du mariage) ; je lui ai choisi ce titre en raison des finesses qui en découlent de la beauté de l’éloquence dans le rapprochement assimilé par les faits.  Puis, il dit : « Dieu (Exalté soit-Il)  dit à propos de la description des femmes du Paradis : « Nous créâmes leurs épouses d’une création à part. Elles sont vierges. Elles les aimeront et jouiront de la même jeunesse qu’eux »
Les exégètes et les linguistes affirment que (le mot) « ‘ourb » est le pluriel de « ‘ourouba » ou « ‘ourôub », c'est-à-dire alléchante. (6)
On rapporte d’après Ibn ‘Abbâs avoir commenté la Parole de Dieu « ‘ourban » ainsi : les Arabes dirent qu’il existe dans le parler des citadins une harmonie, dans celui des gens de l’Irak une affection … Il cite à ce sujet de multiples autres traces traditionnelles. Puis, il formule : Certains médecins dirent : la sagesse qui en découle de la tendresse consiste à donner à l’ouïe sa part dans le coït, en favorisant la sortie de l’eau (mâ’) (7) de l’appareil auditif. L’eau jaillit sous chaque partie du corps ; ainsi il a été dit : « Il existe sous chaque poil une impureté » Et, chaque partie en tire une part de plaisir. De ce fait, la part des yeux est le regard, celle du nez le flaire et l’aspiration des arômes. C’est pour cela, il a été enjoint de « se parfumer pour le coït ». La part des deux lèvres est le baiser (8) ; celle de la langue la succion et l’absorption ; celle des dents le mordillage. Et, c’est ainsi, qu’il a été rapporté dans le hadîth : «  «Que n’épouses-tu une vierge ! Tu la lutinerais et elle te lutinerait» (9)
La part de la verge est l’intromission, celle des mains se traduit par les caresses, celle des cuisses et du reste de la partie inférieure du corps est l’enlacement, et enfin celle du torse est l’accolement dans l’étreinte. (10) En fait, il ne reste que la sensation de l’ouïe dont la part est l’audition des douces paroles. (11)
Il mentionna une série d’actes et d’agissements - dont l’énumération prendra beaucoup de temps pour être cité – dont il serait intéressant que le mari et l’épouse, devraient accomplir au cours du coït pour amplifier leur jouissance.

 

Notes

1) Les caresses et la séduction est un attribut masculin plutôt que féminin. C’est une démarche active, demandant un ensemble d’efforts et de prises d’initiatives de sa part. La part de la femme dans le manège de la séduction prend une tournure plus passive, fondée sur la mise en valeur de ses atouts.
2) Polygraphe égyptien, décédé en l’an 911 de l’hégire. Il est aussi l’auteur du livre « al ifsâh fî asmâ’ al nikâh » en un volume, cité par Kachf al dhounoûn.
3) Ce qui explique l’importance de la littérature érotique. Tous les traités consacrés à l’amour témoignent d’une sensualité libérée, encouragée par le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut). Elle décrit en détail les techniques sexuelles, l’art d’exciter le désir, de l’entretenir,  de le satisfaire et de le renouveler, cultivé avec raffinement par ces maîtres de l’érotisme.
4) ‘ouroub (parfois ‘ourb) pluriel de ‘aroub, est interprété par les commentateurs comme renvoyant à des femmes profondément éprises, brûlantes d’amour à dispenser, et qui le démontrent par leurs gestes et attitudes : coquettes et même à la limite aguichantes. Deux variantes : cet amour est partagé, ces femmes sont à la fois amoureuses et aimées d’un amour égal ; elles parlent joliment, dans un langage châtié. Al Ghazâli dans l’Ihyâ’ explique que ce mot signifie : « une femme amoureuse de son mari et voulant faire l’amour avec lui, ce par quoi la volupté (par le mari) est portée au plus haut degré » C’est l’un des mots qui décrivent les houris, les femmes promises aux croyants dans le Paradis (78 ; 32). Toujours selon al Ghazâlî, le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a dit qu’une femme qui aime son mari et lui obéit est une faveur accordée par Allah. Une telle femme serait certainement un bienfait.
5) Sourate LVI, 37. Atrâb, pluriel de tirb, désigne pour les femmes, la même chose qu’aqrân pour les hommes : l’égalité d’âge.
6) L’épouse idéale selon al Ghazâlî est : « Jolie femme, de bon caractère, à la pupille noire, aux longs cheveux, aux grands yeux, aux teints blancs, aimant son mari, et ne regardant que lui, c’est tout le portrait d’une femme du paradis » Ce sont les qualités que Dieu (Exalté soit-Il) attribue aux femmes des Elus, quand Il les décrit de la sorte : « Bonnes et belles » LV, 70. Par « bonnes » Il veut dire : d’un beau caractère, puis aux regards modestes XXXVII, 47 ; XXXVIII, 52 ; LV, 56 ; et encore « amoureuse, du même âge que leurs maris »
7) « sperme », « goûtte d’eau » s’appliquant aussi bien à la cellule femelle qu’à la cellule mâle. Al Ghazâlî décrit dans son livre la « Revivification de la science de la Religion » la théorie musulmane de la procréation et, par conséquent, la façon dont les deux sexes y contribuent et leur rôle respectif : « ce n’est pas le sperme mâle qui forme l’enfant, mais bien ceux des deux époux conjointement, le sperme mâle et le sperme femelle. Quoi qu’il en soit, le sperme de la femme est un élément fondamental dans la formation (du fœtus)
8) Le baiser a pour but de « porter la sensualité féminine au point d’effervescence qui conduit à la parfaite jouissance. Il doit être exécuté sans hâte, successivement à tous les étages nécessaires de la complète volupté », disait al Nafzâwî, dans le « Jardin parfumé » On demandé à cheikh al ‘Outhaymin : « J’ai épousé mon cousin…et à chaque fois que nous faisons l’amour, il tète mes seins comme un enfant. Je lui ai dit que cela ne se faisait pas, mais ne veut pas arrêter » Il répondit qu’il n’y a rien de cela, les deux époux peuvent jouir l’un de l’autre comme ils l’entendent en dehors de la sodomie, de la pénétration pendant leurs menstrues » Voir Fatâwî mouhimma li nisâ’ al oumma p ; 153. De même, al Albanî dit : « il n’y a aucun mal à ce que l’époux tète le lait de son épouse lorsqu’il la caresse » Voir Silsilat al Houdâ.
9) Rapporté par Moslim d’après Jâbir. Le jeu de l’amour auquel il fait allusion est établi par son dire postérieur « Tu la réjouirais et elle te réjouirait » même si le mot « tu la réjouirais » est retiré. Selon certaines versions de l’énoncé, et chez al Tabarânî d’après le hadîth de Ka‘b ibn ‘Ajra qui que le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a dit à un homme, puis il cite un hadîth comme celui de Jâbir qui relate : « que tu caresserais et qui te mordillerait » Ibn Mâja a rapporté un hadîth explicite sur l’exhortation au mariage avec les vierges qui dit : « Epousez les vierges, car elles ont une agréable haleine, un utérus excitant », et selon une autre version, on relève un ajout : « elles sont austères » Ce hadîth a été rapporté par al Boukhârî dans le livre du mariage, au chapitre : « le fait de marier les veuves » et au chapitre : « la demande de l’enfant » et chez Moslim dans le livre : « De l’allaitement, au chapitre : encouragement du mariage avec les vierges ».
10) Al Ghazâlî dit dans l’Ihya’ : « Pendant l’étreinte coïtale, l’homme est totalement investi dans les caresses de sa partenaire, d’où la hantise de l’érection qui est vécue comme une perte de contrôle de soi et comparée, selon al Ghazâlî, à une forme d’obscurité dans la sourate III, verset 113.
11) L’homme doit exciter la femme par des mordillements, des sucements des lèvres, des caresses sur le cou et les joues. Donc, l’homme ne doit jamais besogner avant d’avoir excité sa partenaire par des badineries. Le cheikh Nefzawî dit : « Celui qui recherche le suprême bonheur que procure la femme doit se prêter aux désirs amoureux de celle-ci après de fortes caresses.. »,  et «  L’acte d’amour est comparée à un « combat animé » dans l’arêne située entre les cuisses de la femme. Son déroulement est ponctué d’ébats, d’entrelacements suivants des règles bien définies, détaillées par l’auteur, qui ajoute encore : « Il appartient au véritable amateur du coït de n’omettre aucune de mes recommandations, car c’est deleur observation que résulte le bonheur de la femme… », et enfin il ajoute : « La passion qui s’échauffe ressemble, en effet, au feu qui s’allume, et de même que l’eau peut seule éteindre celui-ci, de même l’émission du sperme peut seule en calmer les ardeurs et en apaiser les tourments »

Le plaisir partagé entre les époux au moyen de la copulation

Le plaisir partagé entre les époux au moyen de la copulation (1)

Al Qarâfî (2) dit dans ses livres « al Dakhîra » (Le précieux gage) et « al Jawâhir » (Les perles) : « Le contrat de mariage permet toute jouissance excepté le coït anal. » Cette affirmation a été authentifiée aussi par les imâms, c'est-à-dire que le mariage est un contrat entre les conjoints permettant à chacun d’eux toute jouissance et tout plaisir. Néanmoins, il n’est guère permis de limiter la jouissance à un aspect particulier.
    Ibn al ‘Arabî  (3) dit dans ses Ahkâm (Les normes du Coran) : « Le mariage n’a été institué que pour le coït ; chacun des deux époux y dispose d’un droit dont le but est l’intromission et la répétition. L’objectif de la femme réside dans l’éjaculation (4) et la plénitude de la jouissance ; il  assure une exultation pour le couple. »
    Si l’homme désire renoncer à son droit et passer outre cet objectif, la femme a donc plein droit à l’atteindre. (5) En vue de l’application (des normes de ce) contrat et de sa réalisation, l’homme et la femme peuvent se quitter dès qu’il existe une entrave empêchant la réalisation de la nature du contrat. Ils mentionnèrent parmi ces causes cinq empêchements dont trois d’entre eux sont communs aux deux conjoints: la folie, la lèpre et la ladrerie ; deux autres sont spécifiques à chacun d’eux. L’homme se particularise par l’alourdissement, c'est-à-dire la non-érection, et la femme par le « fatq » la largesse et le « ratq » l’étroitesse du vagin.
    L’impuissant « al ‘anîn » (6) est celui qui est incapable de pénétrer (la femme) ; ce mot dérive du verbe arabe « ‘anna », c'est-à-dire détourner, car son pénis s’esquive lorsqu’il veut la pénétrer, autrement dit il se détourne, et le « ‘anan », c’est la déviation. On dit aussi qu’il dévie involontairement vers le derrière de la femme vers la droite ou la gauche. Ce comportement émanant de l’homme est considéré comme une anomalie compromettant la dissolution du mariage.
    Une femme vint chez le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) et lui demanda de se séparer de son mari parce qu’il a un membre viril pareil à un morceau de tissu, faisant allusion à la petisse de son membre sexuel qu’elle compara au pan de son vêtement. (7). Néanmoins, le but assigné par l’acte de mariage consiste à permettre à chacun (des parties) la jouissance, excluant la pénétration anale. Ce plaisir rendu licite par le contrat, n’est nullement restreint par une loi divine, qui le rend licite dans une situation et selon un aspect, et prohibé dans une autre situation et suivant un autre aspect. Les conjoints pratiqueront tout préliminaire à l’amour, toute cajolerie, et tout ce qu’il leur procurera le plaisir et les comblera.
    Lorsque l’imâm al Qâsim ibn Mohammad fut interrogé sur le gémissement au cours du coït, il répondit : « Lorsque vous vous isoliez, faîtes ce qu’il vous plaira » Et, c’est la raison qui mena les savants à expliquer ce plaisir commandé par l’acte de mariage comme étant un facteur contribuant à faire perdurer le profit et à assurer l’autosuffisance pour chacun des conjoints. (8)
    Le traditionniste al Mortada al Zoubaydî (9) dit dans son œuvre intitulée « Ithâf al sâda al mouttaqîn bi charh ihyâ’‘ouloûm al dîn » (La séduction des virtuoses au moyen du commentaire de la revivification des sciences de la religion ), qui est une annotation du livre « La revivification des sciences de la Religion » de l’autorité faisant preuve al Ghazâlî, glosant son dire sur l’éthique de la copulation il dit : «  Nous devons expliciter préalablement la conduite suivie lors du coït, ses avantages et ses torts ; relater ses positions, ses aspects pour que le postulant en soit éclairé (à son sujet) ». Après, il ajouta textuellement ce qui suit : « Quant à ses positions, la meilleure est celle qui consiste à ce que la femme soit cavalcadée par l’homme tout en haussant ses fesses, après lui avoir prodigué une parfaite cajolerie, effleuré les seins et les pis, et frotté sa vulve par sa verge. Et, lorsque l’aspect de ses yeux se transforme, son halètement s’accentue et qu’elle s’attelle vigoureusement à l’homme, il introduira alors sa verge et éjaculera ; car ceci mène à l’insémination. » Puis, il dit tout en signalant ses positions (10) : « La femme monte sur l’homme étendu sur son dos ; comme ils peuvent se tenir debout, ou se coucher sur leur côté. Mais, la position favorite chérie par la femme lors du coït est d’être couchée sur son dos, chevauchée par l’homme, avec la tête penchée vers le bas et les flancs  relevés par des coussins. Dès qu’il sera sur le point d’éjaculer, il introduira ses mains sous ses flancs, et la  resserrera fortement, car l’homme et la femme  éprouvent à cet instant un plaisir singulier et indescriptible. (11)
    Le savantissime, cheikh Aboû Mohammad al Qâsim ibn Ahmad Yammoûn al Talîdîcomposa un poème didactique au sujet de l’éthique sexuelle légale qui vient d’être cité précédemment par le traditionniste Mortada al Zoubaydî. Tousceux qui seront intéressés devront s’y référer à cette ode.
    L’éjaculation précoce (12) du mari avant l’épouse, désavantage la femme, empêche l’accomplissement de sa jouissance, l’incite à le (mari) haïr, voire à ne plus vouloir coïter avec lui, chose qui s’oppose au but des prescriptions relatives au mariage, qui fut décrété pour prémunir conjointement (contre la débauche) le mari et l’épouse. C’est pourquoi, le hadîth prophétique souligne la réprobation de l’éjaculation hâtive du mari avant son épouse. (13) Les savants mentionnèrent à ce sujet le remède contre cette attitude néfaste pour l’épouse, provoquant la dégénération des relations conjugales et l’insatisfaction de celle-ci.
    Le maître  traditionniste al Mortada al Zoubaydî dit  dans son commentaire de l’Ih‘, livre (De l’éthique du mariage) expliquant les paroles d’al Ghazâlî : « La concordance par rapport au moment de l’éjaculation est plus délectable chez elle. Il se pourrait que l’homme se préoccupe de son désir et qu’elle ait probablement honte (14) d’éjaculer (émission de sécrétions vaginales) lorsque son partenaire ait atteint son orgasme. (15) Cette conjoncture est rare, car selon sa nature la femme est tardive dans son orgasme, contrairement à l’homme qui fait preuve d’une promptitude dans sa jouissance. (16) De ce fait, il arrive qu’ils ne concordent pas, et la femme endure ainsi une altération. (17) Néanmoins, dans le cas inverse, le procédé serait aisé, puisque cet effet produit sur elle un désarroi après son orgasme, et  elle supporte malaisément le mari avec indolence. » Puis, il ajoute : « Le remède efficace pour celui qui est précoce dans son orgasme et dont la femme est tardive, réside dans les propos que nous avons préalablement soutenus. L’homme n’entreprendra le coït qu’après avoir usé des préludes et des jeux de l’amour : paroles séduisantes, mordillement des joues, effleurement et frôlement des seins, sucement des lèvres et de la langue, et la resserrer fortement et inlassablement vers son buste ». En continuation, il énonça « Au cours de cette étreinte, il frottera  sa vulve avec sa verge sans éjaculer, tout en la dorlotant jusqu’à ce qu’il s’empare pleinement d’elle, puis il glisse son bas-ventre sur le sien tout en la pinçant tantôt sur les cuisses, tantôt sur les corsets, tantôt sur le dos. Et, lorsqu’il constatera le changement de sa couleur, verra la rougeur de ses yeux, remarquera sa ferme attirance vers lui, ses profonds soupirs, alors il la pénétrera en introduisant sa verge avec douceur et de façon graduelle jusqu’au bout, puis il éjaculera d’un seul coup. (18) Ensuite, il se remue après l’éjaculation sans retirer toutefois son membre. Grâce à cette démarche, la femme ne résistera guère, même si elle est tardive, à atteindre l’orgasme. (19) Ainsi, cet agissement contribuera à la conception de l’enfant et à la jouissance. (20) Les hommes vigoureux freinent lors de l’éjaculation, et ne l’accomplissent qu’une fois qu’ils auraient atteint leur but. Ces derniers ne sont pas concernés par notre propos, car Dieu accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
    Pourtant, il se pourrait que la cause de l’animosité entre les deux époux soit : la petitesse de la verge, et la largesse de la vulve vaginale, ce qui mène alors la femme à ne jamais se rassasier du coït, ni savourer le moindre plaisir. Par contre, il est fort probable que c’est le contraire qui arrive lorsque l’homme est pourvu d’un long pénis qui poussera intégralement la vulve en avant en lui occasionnant des douleurs. Ceci provoquera chez la femme une aversion et la poussera à rejeter le plus souvent la copulation. » Ici prend fin le propos du traditionnaliste al Mortada al Zoubaydî, démontrant l’ignorance et l’incompétence de celui qui dénie aux livres de notre législation d’avoir explicité ce genre de thèmes afférents à la vie conjugale, tout en prétendant en raison de son argument controuvé et de son ingénuité complexe que ceci ne fut connu par les gens qu’à travers les Européens. Personnellement, je lui dirai que les Européens ne le découvrirent que grâce à nous, tel qu’il est reconnu par quiconque a une connaissance et une clairvoyance au sujet du patrimoine composé par nos savants à cet effet, au point où ils le lui octroyèrent – comme je l’ai expliqué – une autonomie et un caractère scientifique indépendant et le dévisagèrent comme un art auquel ils consacrèrent des publications. Par ailleurs, celui qui ne composa pas dans cet art, mentionna ses objectifs comme faisant partie des ouvrages de fiqh. Ainsi, nul ne peut renier ceci, excepté un ignare, un intrus qui s’immisce partout, dans ce qu’il sait et ce qu’il ignore. (21)

 

Notes

1) Cela se comprend. L’orgasme est un bien, une jouissance. Mais, partagée. Et, c’est le plaisir procuré à autrui en même temps qu’à soi-même que réside cette œuvre de piété analogue au jeûne, à la prière et qui est ici assimilée à la charité: «et dans chaque œuvre de chair il y a une aumône» (wa fî budh’î ahadikum sadaqa). L’acte sexuel est le fait de la réciprocité du couple. Le musulman prend conscience de son corps à travers les pétillements du corps du partenaire et la conscience se libère en contact de la conscience de l’être aimé. Il n y a ni aimant ni aimé, mais une fusion amoureuse des corps et des esprits. « Je prends conscience de mon corps à travers les pétillements du corps du partenaire et une conscience se libère au contact de la conscience de l’être aimé». C’est ce que le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) appelle «goûter le petit miel d’autrui». Le sexuel est fondé sur le collectif. Il ne faut pas oublier toute la dimension personnelle et même personnaliste de la sexualité musulmane, car fondée sur la notion de responsabilité; la sexualité est bien un «dépôt» confié à l’homme. Chacun est responsable de soi-même et de son corps. Le sexe est l’un des plus merveilleux sentiments que l’on puisse éprouver, à condition qu’il ait désir mutuel d’y participer. La personne qui partage une expérience sexuelle avec une autre est prête à lui faire confiance dans ce qu’elle a de plus sacré: son intimité. Il faut donc que le couple parvienne à un certain équilibre, et les deux partenaires ont leur bout de chemin à faire dans cette voie. Il faut que l’autre devienne, au cours de ce moment d’intimité, la personne la plus importante, la seule qui existe au monde.
2) Chihâb al Dîn Ahmad ibn Idrîs al Qarâfî (684h)
3) Le juge Aboû Bakr Mohammad ibn ‘Abdoullah ibn Mohammad, connu par Ibn al ‘Arabî al Ma‘âfirî al Andalousî (542h)
4) Selon certains auteurs, la femme, elle aussi, émet un liquide auquel ils donnent indiscutablement le nom de sperme (mani) et qui est soumis aux mêmes prescriptions.
5) L’institution du mariage pénalise l’épouse ou l’époux qui manque à ses devoirs sexuels. Si une épouse refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari, elle est pénalisée à la fois sur terre et au ciel. Selon al Boukhârî, le Prophète a dit : « Lorsqu’un mari appelle sa femme pour qu’elle vienne dans son lit et qu’elle refuse de venir, les anges la maudissent jusqu’au matin » El, la Loi musulmane accorde au mari dont l’épouse refuse les avances le droit de lui retirer la nafaqa (subsistance).
6) L’impuissance du mari figure parmi les raisons que la femme peut invoquer devant un juge pour lui demander de prononcer le divorce en sa faveur. Parmi les mesures juridiques destinées à assurer la satisfaction sexuelle de la femme par son mari. L’imâm Mâlik avait décidé que la femme devrait attendre un an avant de demander le divorce pour impuissance. Ibn Taymiya dit : «  Si l’homme est émasculé ou impuissant, elle peut demander l’annulation du mariage (Fatâwa  29/94). Ibn ‘Outaymin dit : « l’impuissance est une chose qui arrive, et plusieurs hommes perdent le désir, si bien que leur sexe ne se raidit plus. Si quatre mois s’écoulent et qu’il n’a rien décidé, le juge annule mariage »
7) L’imâm Ahmad a rapporté d’après ‘Aïcha l’histoire suivante : « La femme de Rifâ‘a al Qoradî entre chez le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) alors que mon père Aboû Bakr et moi, nous nous trouvions auprès de lui. Elle lui dit : « Rifâ‘a m’a répudiée définitivement et j’ai épousé ‘Abd al Rahman ibn Zoubayr, mais ce dernier a un membre viril pareil à un morceau de tissu », et elle prit le pan de son vêtement voulant montrer qu’il est incapable de consommer le mariage. Celui-ci sourit et répondit à la femme : « Il me semble que tu penses retourner à Rifâ‘a ?  Non ! Tu ne pourras plus le faire avant que ‘Abd al Rahman n’ait de rapport avec toi » Les femmes délaissées physiquement ou mécontentes des pratiques sexuelles de leur époux réclament l’arbitrage du Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) Ainsi, Khawla bint Hakîm, la femme d’un compagnon du Prophète (sur lui la bénédiction et le salut), qui dans un accès de piété avait opté pour l’abstinence, vint un jour se confier à Aîcha, la mère des croyants : - ‘Aîcha, lui demanda alors : qu’as-tu, pourquoi es-tu si pâle ? Tu ne te coiffes ni ne te pares ! Kawla répondit : A qui bon me parer ? Mon mari ne m’approche ni ne me touche depuis bien longtemps ! Les femmes qui étaient là riaient lorsque le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) entra et leur demanda les raisons de leur rire. Aîcha dit alors : - O Prophète de Dieu, j’ai interrogé Khawla sur ses affaires et elle m’a répondu que son mari ne l’avait pas approché depuis longtemps » Le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) convoqua le mari et lui demanda : - Qu’as-tu Outhmân ? - J’ai abandonné l’acte sexuel à Dieu pour pouvoir me consacrer à l’adoration. J’ai même songé à me faire châtrer. - Je t’enjoins de retourner vers ta femme ! -O Prophète de Dieu je suis en période de jeûne ! - Romps donc ton jeûne ! Outhmân mit en répit son jeûne et alla rejoindre sa femme. Khawla, toute parée, retourna voir Aîcha qui, en riant, lui demanda : - Qu’as-tu Khawla ? Celle-ci répondit que son mari l’avait prise la veille. L’épisode s’achève sur ce hadîth : « Je dors, je me lève, je mange, je jeûne et je prends les femmes. Celui qui renonce à ma Sunna n’est pas des miens » Faire l’amour implique une rétribution. « Celui qui tient la main de sa femme en la caressant, Dieu lui enregistre un bienfait, lui efface un péché et l’élève d’un degré ; s’il l’étreint, il lui enregistre dix bienfaits, efface dix péchés et l’élève de dix degrés ; s’il l’embrasse, il lui enregistre vingt bienfaits, efface vingt péchés et l’élève de vingt degrés. S’il la prend, il aura de grands biens sur terre » La chasteté est considérée comme une plaie.
8) Le Prophète (P.S) insiste pour que le coït ne soit pas silencieux, mais accompagné de parole, agent transmetteur de la tendresse, qui exalte le désir et le rend réciproque, chez les deux partenaires, celui qui parle et celui qui écoute.
9) Mohammad al Housaynî al Zoubaydî, connu sous le nom d’al Mortada, décédé en 1205 de l’hégire.
10) L’imagination humaine en matière de sexualité ne connait probablement pas de limite, il serait alors prétentieux de faire une liste exhaustive de toutes les positions
11) Ithâf al sâda al mouttaqîn, volume 6, livre éthique de la sexualité pp. 172-173. La diversification des positions sexuelles apporte plus de jouissance aux époux et leur fournit une parfaite harmonie sexuelle. Le désir  peut aussi augmenter avec la répétition et la diversification, car l’homme aime ce qui est nouveau. De ce fait, sans nouveauté dans la sexualité, la sensation ne pourra que rester froide et diminuera peu à peu. Mais, selon certains la meilleure position est celle couchée. Ainsi, à ce propos Ibn al Qayyim dit : « La meilleure copulation durant le coït est quand l’homme se place au-dessus de la femme, après avoir usé de caresses envers elle, et c’est pourquoi la femme est appelée « firâch », comme dit le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) : « L’enfant appartient au lit » rapporté par al Boukhârî
12) Orgasme anticipé, qui est d’ordre émotionnel et qui arrive trop tôt, pouvant se produire avant, pendant ou après la pénétration. On se trouve en face d’une situation qui les laisse incapables d’obtenir le plaisir désiré et aussi incapables d’offrir le temps nécessaire à leur partenaire pour qu’elle arrive à l’orgasme. Au moment crucial de l’éjaculation, lorsque le physique et le spirituel se fondent en une identification totale avec la femme, l’amant musulman ne doit pas oublier que : « Il convient que l’on prononce, intérieurement et sans remuer les lèvres, les paroles que voici : « Louange à Dieu qui créa l’homme d’une gouttelette d’eau », rapporté par al Boukhârî.
13) Al Ghazâlî accorde à la femme la sexualité phallique, à savoir l’éjaculation. La différence entre les sexes se trouvent ainsi réduite à une simple différence de rythme d’éjaculation, beaucoup plus long chez la femme que chez l’homme : « La différence physique entre les deux sexes, touchant l’éjaculation, est une cause de désaccord entre époux toutes les fois que le mari précède la femme en cette matière…En effet, assez souvent, l’éjaculation de la femme est retardée et cela excite son désir sexuel au lieu de l’apaiser. En outre, le fait pour l’homme de se retirer trop vite cause un dommage à la femme » Donc, chez al Ghazâlî, il n’y a ni agresseur ni victime, seulement deux personnes qui coopèrent pour se donner mutuellement le plaisir. « En effet, dit-il, assez souvent l’éjaculation de la femme est retardée et cela excite son désir sexuel au lieu de l’apaiser » Voir Revivification des sciences de la religion p.50.
14) Voir la référence précédente p. 176
15) Sensation unique et indescriptible de plaisir maximum, plénitude sexuelle, jouissance. Cette émission peut être corrélée ou pas à l’orgasme. Les études modernes démontrent que le liquide éjaculatoire féminin facilite la survie et la fécondation des spermatozoïdes donc les possibilités de fécondation.
16) Lors d’une relation sexuelle, l’orgasme n’est pas méthodique mais dépend de l’état psychologique du partenaire. On peut jouir de nombreuses fois au cours de sa vie sans jamais connaitre l’orgasme.
17) La différence physique entre les deux sexes, touchant l’éjaculation, est une cause de désaccord entre époux toutes les fois que le mari précède la femme en cette matière….En effet, assez souvent, l’éjaculation de la femme est retardée et cela excite son désir sexuel au lieu de l’apaiser. En outre le fait pour l’homme de se retirer trop vite cause un dommage à la femme » Voir, Tabaqât, Ibn Sa‘d : la femme a elle aussi des pollutions nocturnes.
18) Il se peut que la pénétration soit pénible et douloureuse pour les deux partenaires si le vagin est trop serré ou insuffisamment lubrifié. Le vagin et la vulve se lubrifient naturellement chez la femme pubère et non ménopausée lorsqu’elle est excitée. Chez la vierge, elle est souvent inconfortable, voire douloureuse en raison de l’appréhension de l’acte et du déchirement de l’hymen.
19Al Ghazâlî recommande le plaisir pré-coïtal, reconnu comme étant dans l’intérêt de la femme, comme un devoir pour le croyant. Puisque le plaisir de la femme demande que l’on s’attarde aux stades intermédiaires.
20) Mais, même dans ces circonstances, il sera toujours nécessaire de s’adapter l’un à l’autre si l’on veut que tout continue à aller bien. Car la sexualité normale est nécessaire à une vie sexuelle saine. Une sexualité normale signifie: être réceptive, de tous ses sens, au grand miracle de la vie, tel qu’il se réalise dans la passion sexuelle, dans le désir envers le partenaire aimé et l’union sexuelle avec lui.  Une adaptation dans le mariage signifie aussi une adaptation de la sexualité des deux partenaires. Car celle-ci non plus, chez aucun homme, n’est parfaitement invariable; elle est liée à de nombreux facteurs spirituels et corporels, qui à leur tour changent continuellement en s’adaptant aux influences extérieures que subit l’homme.  Dans la personne de la femme ou de l’homme la sexualité cherche, comme toute autre forme de vie, un équilibre intérieur et une harmonie intérieure. Notons que cette complémentarité n’est pas telle que chacun, homme et femme, soit totalement différent; la complémentarité ne trouverait plus alors de vrai point de rencontre. Comment l’homme souhaiterait- il tendresse s’il n’en éprouvait en lui l’éveil? Comment la femme souhaiterait elle s’appuyait sur une force qui affronte et maîtrise les choses, si elle n’en éprouvait pas elle - même plus ou moins la possibilité ? Ceci une fois établie, les lignes mêmes de la complémentarité spirituelle apparaissent comme fondamentales dans l’être humain. On sait que depuis Hegel, on a cherché ailleurs des lignes de clivage qui marquent l’évolution humaine. Pour Hegel c’est dans la dialectique du maître et de l’esclave que se trouve le secret du progrès humain, dans la dialectique des rapports sociaux et politiques. Pour nous, c’est essentiellement la relation homme – femme et leur relation d’amour qui fait l’humanité. Ainsi, tout rapport de l’homme et de la femme ne doit pas seulement respecter la valeur personnelle de chacun, il doit contribuer à la réaliser. Le respect de leur diversité et de leur rencontre doit le permettre.
21) Certes, l’on peut hésiter à traiter de tels sujets, en particulier du coït même. Marcel Manso a écrit fort justement dans (Sociologie et Anthropologie) : « Rien de plus technique que la positions sexuelles. Très peu d’auteurs ont eu le courage de parler de cette question »

L’obligation de s’acquitter du droit de l’épouse

L’obligation de s’acquitter du droit de l’épouse (1)

    Le deuxième calife ‘Omar ibn al Khattâb avait pour habitude d’effectuer des rondes nocturnes dans les ruelles de Médine pour s’enquérir personnellement des affaires citadines et se renseigner en fait sur ce qu’il ignorait des dispositions de leur sécurité. Une nuit pendant qu’il accomplissait sa surveillance, il entendit une femme fredonner :

Cette nuit s’est rallongée et s’est immergée dans une sombre obscurité
Je suis affligée par l’absence d’un bien aimé auquel je prodiguerai des caresses d’amour
Par Dieu ! S’il n’y a pas Dieu que je glorifie
Les bordures de ce lit auraient dû être secouées.

    Lorsqu’il entendit la lamentation de cette femme, il fut bouleversé et lui demanda : Qu’as-tu ?
- Vous aviez exilé mon mari depuis des mois, répondit-elle.
En fait, il l’avait envoyé dans une campagne militaire et elle le désirait intensément.
- Vouliez-vous commettre le péché, lui demanda-t-il.
- Puisse Dieu me pardonner, répondit-elle, ce sont tout simplement des paroles prononcées par ma langue et dont je m’en sers pour me distraire.
- Patiente un peu, juste le temps de lui faire parvenir une dépêche, répondit-il. Alors, il envoya à son mari un courrier lui mandant de venir. Puis, il rendit visite à sa fille Hafsa et lui dit :
- Je voudrai te poser une question concernant une affaire qui me préoccupe, et te demande de m’éclairer à son sujet : Combien de temps faudra-t-il pour qu’une femme envie son mari ? Elle baissa la tête par pudeur. (2) Puis, il lui dit : « Dieu ne se gêne pas de la vérité. » Elle fit signe de sa main en arborant trois mois ou peut être quatre. (3) ‘Omar écrivit aux généraux et aux commandants des armées de ne plus retenir désormais les soldats (au front) au-delà de quatre mois. Ainsi, se comporta ‘Omar avec cette femme, qui se lamentait de l’absence du mari dépassant une durée, qui avait excité son envie et sa concupiscence à coïter avec lui dans son lit, suivant les prescriptions de la Loi divine, qui commande à chaque mari de faire l’amour avec son épouse, en l’absence d’un empêchement (maladie imprévisible) enfreignant d’atteindre cet objectif. (4) Concernant la cause durable et la maladie chronique contrariant le mari à réaliser le désir de l’épouse par le coït, cette dernière a le droit d’option par rapport à la séparation ; si elle consent, elle peut continuer à vivre avec son mari disculpé, sinon elle a le droit au divorce, car le but du mariage en premier et dernier lieu réside dans la préservation et la crainte de tomber dans la transgression, qui est la fornication (zinâ). (5)
C’est la raison pour laquelle, le coït du mari avec son épouse est une obligation exigée et une sommation indispensable, agrées par tout le monde. (6) De ce fait, les conjoints sont tenus de se protéger mutuellement par la copulation et la satisfaction du désir. L’obligation dans l’accomplissement de cette pratique est partagée entre le mari et l’épouse, parce que le mariage fut prescrit pour l’intérêt des conjoints, afin de les écarter conjointement des discrédits. Il évince la femme du préjudice causée par le désir, ainsi que l’homme, tout en accordant au coït d’être un droit commun aux conjoints. (7)
Nonobstant, la divergence entre les savants tourne tout autour de la question suivante : Quand est-ce que le mari sera considéré comme ayant accompli le devoir qui le dégagerait de l’obligation qui lui incombe, et de se réhabiliter du péché ? La femme est tenue d’exaucer l’appel de son mari au lit, fusse-t-elle sur le bord supérieur d’un four embrasé entrain de cuire le pain ou de cuisiner ou sur la monture d’une bête tel qu’il a été rapporté dans le hadîth (8). Toutefois, si elle repousse son appel, elle sera maudite tel qu’il a été rapporté également dans le hadîth, sauf si elle est indisposée (a ses menstrues), ou si elle vient d’accoucher. Mais, en dehors de ces deux cas, il lui est prohibé de ne pas répondre au désir du mari sollicitant sa copulation. (9) C’est pourquoi, l’Envoyé de Dieu avait maudit la femme qui, une fois conviée à la couche de son mari, retarde d’exaucer sa sollicitation jusqu’à ce qu’il s’endort (10). Par ailleurs, le mari doit satisfaire son épouse et combler son désir en assouvissant son appétence, sinon il sera désobéissant et fautif pour avoir délaissé un devoir qui lui échoit, et ce conformément au hadîth authentique qui dit : « Tes siens ont des droits sur toi » (11).
A cet effet, Ibn Hazm a dit : « Celui qui renonce à cette circonspection, sera contraint de l’appliquer par le moyen coercitif pour avoir commis une œuvre blâmable.» Ce verdict n’est contesté par aucun juriste, mais le désaccord tourne tout autour de la cause qui abolit l’obligation, abroge le péché dans le cas du renoncement au coït. Certains d’entre eux disent : l’obligation s’estompe, si le mari est capable de coïter avec son épouse ne serait- ce qu’une seule fois au cours de sa pureté. C’est pour cela, on accorde à celui qui jure de ne pas toucher son épouse pendant un délai de quatre mois ; s’il n’y consent pas et ne coïte pas (avec elle) en introduisant sa verge dans la vulve de son épouse, on le sépare d’elle par le divorce. Tout ceci résulte du préjudice causé à celle-ci par le fait de ne pas satisfaire son désir par le coït. D’autres encore disent : si le mari copule avec son épouse une seule fois par mois, il s’acquitte du péché et accomplit assurément son devoir envers elle.
Il a été rapporté dans le hadîth : « Est-ce que l’un d’entre vous serait incapable de coïter avec son épouse chaque vendredi ? Il aura une rétribution pour son lavage rituel (ghousl) et pour celui de son épouse » (12)         
Une femme vint voir ‘Omar et lui dit : que son mari ne la préserve guère. Aussitôt, ‘Omar le convia et lui demanda la cause.
- J’ai vieilli et j’ai faibli, répondit le mari.
- As- tu des relations avec elle une seule fois par mois ? demanda ‘Omar.
- Plus que cela, répliqua le mari.
- Combien de fois, demanda ‘Omar.
- Je couche avec elle au cours de chaque pureté (tohr)
- Va, il y a dans cela ce qui satisfait la femme, lui dit ‘Omar.
Néanmoins, à propos de ce thème, le verdict ne doit pas être absolu et général par rapport à tout mari et à toute épouse. Mais, il devrait être applicable conformément à la disposition et au désir de coïter ressenti par chacun d’eux. Ainsi, l’arrêt prononcé à leur encontre sera établi sur la règle qui dit : « On ne répond pas à un dommage par un autre», tel que l’avait vécu ‘Omar avec une autre femme, qui lui rendit visite et lui dit :
- Je n’ai point connu un serviteur aussi distingué que mon époux ; il veille la nuit en prière sans s’endormir, jeûne le jour sans manger, dit-elle.
- Puisse Dieu vous gratifier pour vos louanges, répondit ‘Omar.
Lorsque la femme s’en alla, Ka‘b ibn Sawr qui était présent se tourna vers lui et lui dit :
- O Commandeur des Croyants ! Pourriez-vous faire venir cette femme, car elle est venue déplorer son sort.
- Faites-la venir ! Faîtes-la,  requit ‘Omar.
Lorsqu’elle se présenta, ‘Omar lui demanda : « Dis-moi la vérité, et n’aie pas peur!
- O Commandeur des Croyants ! Je suis une femme qui désire ce qu’envient les femmes, répondit-elle.
- O Ka‘b, tranche entre eux, car tu as compris ce que je n’ai pas pu saisir de son état, dit ‘Omar.
- O Commandeur des Croyants, quatre femmes sont licites, donc il lui sera accordé trois jours et trois nuits durant lesquels il pourra adorer à sa guise, et elle aura droit à sa journée et à sa nuit, répliqua Ka‘b.
-  C’est certainement la vérité ! dit ‘Omar, vas, je te nomme juge de Basora.

    Contrairement à ce qui précède, il a été rapporté d’après Anas ibn Mâlik qu’un ouvrier qui travaillait dans l’un de ses domaines avait une femme, qui vint se plaindre auprès d’Anas et lui dit : « qu’il ne cesse de coïter avec elle, nuit et jour ». (13) Anas réconcilia entre eux en recommandant que la copulation se fasse six fois au cours de la journée et de la nuit. La question dans cette affaire se rapporte à la préservation concomitante des deux époux, notamment celle de l’épouse, car le désir de la femme à coïter surpasse l’appétence de l’homme tel qu’il a été rapporté par le hadîth qui dit : «  L’écart entre le plaisir de la femme et le ravissement de l’homme est pareil à la trace de l’aiguille dans l’argile, mais Allah les a prémunies par la pudeur ». Il a été également rapporté dans le hadîth : « La femme a été privilégiée par rapport à l’homme de quatre vingt-dix neuf parts de plaisir. Mais Allah a étalé sur elles la pudeur, sans celle-ci, elles auraient dû se jeter sur l’homme dans la rue » (14)
On rapporte que lorsqu’Adam coïta avec Eve pour la première fois, après sa création, elle lui dit : « O, que c’est gracieux ! Ajoute-nous encore de ceci. » Il est rapporté aussi selon l’information traditionnelle : « Quatre choses ne se satisfassent pas de quatre : une terre de la pluie, un œil du regard, un savant de la science et une femelle d’un mâle » (15) Il a été rapporté : « Pauvre, pauvre, pauvre femme celle qui n’a pas de mari, même si elle est riche ». Ibn Qotayba cite qu’un mari se querellait avec son épouse, puis il se réconciliait avec elle par le coït. Elle lui disait alors : Tu fais appel à un intercesseur que je ne pourrais récuser.
Tout ceci prouve que le mari doit être à la hauteur de satisfaire le désir de son épouse. Et, qu’il sache aussi que si elle fait semblant de repousser son avance, elle le réalise certainement par manège, tel qu’il a été dit par le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) : « Elles se refusent et pourtant elles sont les plus avides ». (16) Par ailleurs, al Cha‘arânî (17) a reproduit dans ses « alOuhoûd » d’après son maître al Khawwâs (18) qui dit : « Il ne faudrait pas exagérer dans le coït, excepté si on a une jeune épouse dont on a peur qu’elle porte les yeux sur autrui ».  Il ajoute : « La limite de la recrudescence doit faire l’objet d’un acte hebdomadaire ». Al Cha‘arânî dit : « Cette action diffère en fonction des tempéraments, de la santé et de la débilité, car  ce fait traduit assurément la vérité envisagée. Donc,  le Législateur n’a nullement lié le fait de coïter avec l’épouse par un nombre donné, voire Dieu (Exalté) a dit : « Vos femmes sont pour vous un champ de labour… ». (19) L’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut) a dit à Jâbir : «Lorsque tu rejoins ton épouse, agis avec modération, avec modération » (20), c'est-à-dire il faudrait que la copulation soit consommée en vue de la demande de l’enfant. Jâbir dit : « Lorsque je l’ai rejoignis, je l’informai du dire de l’Envoyé de Dieu »
- J’obéis et je me soumis, répondit-elle. »

 

Notes

1) Pour l’éthique sexuelle, la question de savoir si la femme a le droit d’exiger que son mari la satisfasse. En cette matière, les diverses écoles ne sont pas d’accord. La solution mâlikite, en particulier, est à l’opposé de la châfi‘ite.
2) Il incombe à la femme d’avoir toujours de la pudeur vis-à-vis de son mari et de ses proches parents ; qu’elle baisse son regard devant eux et leur montre de l’égard en obéissant à leurs ordres ; qu’elle se lève à leur rencontre lorsqu’ils entrent chez lui ; qu’elle évite tout ce qui peut le mettre en colère…qu’elle s’offre à son mari avant de dormir, qu’elle se refuse à le trahir dans le lit conjugal. Il faut qu’elle se parfume pour son mari, veille à l’haleine de sa bouche et cherche à être belle en sa présence.
3) Le délai légalement imparti pour l'accomplissement de l'acte conjugal, qui est de quatre mois, ne saurait être prolongé pour raison de chasteté mystique. A ce propos, un adage courant chez les cadis (juges) du code du statut personnel veut « que la piété ne dispense point des droits de la chair ». Les hanafites expliquent (Badâi‘ 2/331) que « La femme a le droit d’exiger de son époux de pratiquer le coït avec elle, car sa licéité constitue un droit pour elle et vice versa. Si elle le demande, le mari doit s’exécuter. Par contre, les mâlikites (al Qawânin al fiqhiya p. 211) énoncent que : « Le coït est une obligation vis-à-vis de la femme en l’absence d’un empêchement. Les châfi‘ites (al Mouhaddhab 2/66) estiment que : « Il n’est obligé de jouir qu’une seule fois, parce qu’il fait partie  de ses droits, parce que la cause de la jouissance est le désir et l’amour, ainsi il ne devra pas être revêtir un caractère d’obligation. Mais, il est préférable de ne pas la priver conformément  au dire du Prophète (P.S) : « Mais, moi je jeûne et le rompt, je prie, je dors et je cohabite avec les femmes. Celui qui s’écarte de ma sunna, n’est pas des miens » rapporté par Aboû Dawoûd et al Tayâlisî. Enfin, les hanbalites dans (Kachâf al qinâ‘ 5/214) jugent que : « Le mari doit coïter avec sa femme au moins une fois tous les quatre mois, hormis s’il y a un empêchement, car le mariage fut prescrit pour l’intérêt des conjoints et pour les sécuriser contre le dommage. Par ailleurs, al Ghazâlî, pour rassasier les besoins sexuels de la femme, il conseille comme limite à ne pas dépasser : « Il est bon que le mari s’approche de la femme une fois toutes les quatre nuits, c’est là une juste norme… » On interrogea Ibn Taymiya : « Une femme patiente sans relation sexuelle un mois, deux mois, pendant lesquels il ne l’approche pas. Commet-il un péché ? » Il répondit qu’: « il est obligatoire de satisfaire son épouse bil ma‘roûf. C’est un droit plus grand encore que le fait qu’il la connaisse. Certains ont dit : au moins une fois tous les quatre mois ; d’autres ont dit selon le désir (de la femme) et les capacités de l’homme » Majma‘ al fatâwa 32/170.
4)Mâlik ibn Anas rapporte ainsi la même version dans le « Mouwattâ’ » : « Faisant sa tournée nocturne habituelle, Omar entendit une femme réciter un poème dans lequel elle se plaignait de l’absence de son mari et exprimait le désir de le rencontrer. Il demanda à sa fille Hafsa : « Quelle est la durée maximale durant laquelle une femme puisse demeurer loin de son mari ? » Elle lui répondit : « Peut-être quatre mois ou même six » Et alors ‘Omar de s’écrier : « Je ne laisserai jamais un homme qui fait partie d’une troupe de s’absenter de sa femme plus de cette période »  Les hanafites disent (Badâ’i II, 331) que la femme a droit à réclamer le coït de son mari puisque sa licité est un droit pour elle et vis versa. Les mâlikites (Qawanîn fiqhiyya, p.221) affirment que le coït avec l’épouse est une obligation pour le mari s’il n’y a pas d’empêchement. Les châfi‘îtes (al Mouhadab VI, 66) assurent qu’il est recommandé de ne point la délaisser conformément au hadîth du Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) dans lequel il dit: «Celui qui se détourne de ma Sunna n’est point des miens» [A. Dawoûd] Les hanbalites disent (Kachf al Kinâ’ V, 214) qu’il ya obligation à ce que le mari fasse l’amour à sa femme ne serait ce qu’une fois tous les quatre mois, s’il n y a pas d’inconvénient à cela, puisque le coït fut institué pour des deux époux.
5)  Selon al Ghazâlî la nécessité où est l’homme de satisfaire les exigences sexuelles devient un devoir social pressant : « Car la préservation de la vertu de la femme est une obligation pour le mari. En somme, il convient que le mari multiplie ou diminue les rapports sexuels avec sa femme selon le besoin qu’en a la femme pour demeurer vertueuse, car la préservation de la vertu de la femme est une obligation pour le mari » Ihyâ’ p. 50. Il établit ainsi un rapport direct entre la prestance de l’ordre social et la vertu de la femme, et par conséquent la satisfaction de ses besoins sexuels. Les juristes musulmans ont dit : « L’homme doit veiller à préserver la chasteté de sa femme et la satisfaire sexuellement. Elle a droit au minimum à un rapport tous les quatre jours, c’est là dit-il, une juste mesure, car le mari peut avoir quatre femmes »
6) Selon Ahmad : « la femme de ‘Outhmân ibn Maz‘oûm arriva chez ‘Aïcha en ayant l’air mal au point : « qu’as-tu ? lui demanda-t-elle ? - mon époux, dit-elle, est debout la nuit et jeûne le jour. Le Prophète entra et Aïcha lui rapporta cela. Le Messager de Dieu rencontra ‘Outhmân et lui dit : O ‘Outhmân le monachisme ne nous a pas été prescrit. N’as-tu pas en moi un modèle ? Par Dieu je suis celui de vous qui connaît le plus Dieu et celui de vous qui respecte le plus ses limites.  Concernant cette même histoire, al Dârîmî rapporte ainsi les paroles du Prophète (Mousnad VI, 226) : O Outhmân, le monachisme ne m’a pas été ordonné. Prends-tu distance par rapport à ma Sunna ? - Non, Messager de Dieu ! Fais partie de ma sunna le fait que je prie et que je dors, que je jeûne et que je me nourris, que je coïte et que renvoie (la femme). Celui qui prend en distance par rapport à ma Sunna, n’est pas des miens ! » (Sunans, nikâh II, 133) La femme n’a pas le droit de demander le divorce pour une absence prolongée entraînant suppression des jouissances conjugales même si l’entretien lui est assuré ? Elle se voit requise d’emprunter au compte de son mari.
7) Voir Ihyâ’ p.50
8) Hadîth rapporté par al Tirmidî dans le chapitre « Du droit de l’époux sur la femme », d’après Aboû Houraïra, d’après le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) qui dit : « Si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner devant un autre, j’ordonnerai à la femme de s’agenouiller devant son mari » et selon une autre version : « …Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, la femme ne pourra acquitter le droit de son Seigneur que si elle acquitte le droit de son mari. Et, s’il lui demande de se livrer à lui, elle ne doit pas le lui refuser, même si elle se trouve sur un bât », hadîth rapporté par Ahmad et Ibn MâjaAl Tirmidî le rapporte selon une version : « Lorsque l’homme invite son épouse pour son besoin, elle doit s’exécuter même si elle se trouve sur un fourneau. » Il a été rapporté aussi par al Nasâ’î et al Bazzâr avec  les termes : « Lorsque l’homme invite sa femme à son lit, elle doit donner suite à sa demande même si elle se trouve sur le bât  d’un chameau» et « Toute femme qui meurt jouissant de la satisfaction de son époux , entrera au Paradis » al Tirmidî Mais, ce droit nécessite de sa part le respect de sa partenaire et de ses états d’âme. La femme se voit ordonnée à obéir à son mari, mais dans les limites de ses droits. Dans les Sunans d’Ibn Mâja, il est dit que : « Si j’avais à ordonner à quelqu’un de se prosterner devant toute autre personne qu’Allah, j’ordonnerais à la femme de se prosterner devant son mari. Par Celui qui tient en Sa Main la vie de Mohammad, la femme n’accomplit pas ses devoirs envers son Seigneur aussi longtemps, qu’elle n’accomplit pas ses devoirs envers son mari »
9) « Lorsqu’un mari appelle sa femme à sa couche et qu’elle ne lui vient pas, puis il passe la nuit fâché contre elle, les anges la maudisse jusqu’au matin » Et, dans une autre version, « jusqu’à ce qu’elle revienne » et dans une autre « jusqu’à ce qu’il soit satisfait d’elle », rapporté par al Boukhârî, Moslim, Aboû Dawoûd, al Darîmî et Ahmad. La loi musulmane accorde au mari dont l’épouse refuse les avances de lui retirer la nafaqa (subsistance). Néanmoins, cette question d’engagement n’est guère spécifique aux femmes sans les hommes, parce que la cause de la prescription juridique (son motif) est la réalisation de la satisfaction lors la  stimulation du désir et de la submersion sexuelle, et cette cause n’est ni féminine ni masculine, mais humaine. C’est la raison qui fait que  les principiologues disent : la norme juridique tourne avec la cause étant présente ou absente…et c’est ce qui a poussé al Ghazâli à dire au sujet de l’importance du coït et de la cadence  que doit observer un homme pour complaire son épouse : « En somme, il convient que le mari multiplie, ou diminue les rapports sexuels avec sa femme selon le besoin qu’en a la femme pour demeurer vertueuse ». Par ailleurs, le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) a confirmé à la femme son droit à contester son insatisfaction conjugale et se plaindre du délaissement de son mari. En fait, l’épouse de Thâbit ibn Qays vint demander de l’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut) le divorcer de son mari en disant : « O Envoyé de Dieu ! Je ne critique ni sa probité morale, ni sa religiosité, mais je crains l’incrédulité en Islam ». Dans une autre version, elle explicite davantage son exacerbation en disant « l’insatisfaction sexuelle ». Le prophète l’avait réaffirmée dans sa requête.
10) Hadîth rapporté par Aboû Dawoûd, d’après Aboû Houraïra, d’après le Prophète (sur lui la bénédiction et le salut) qui dit : « Si le mari convie sa femme à son lit sans  donner suite à sa demande ; et qu’il passe sa nuit en colère, elle sera maudite par les anges jusqu’au lever du jour. »
11) Hadîth rapporté par al Tirmidî dans le chapitre intitulé « Ton mari a des droits sur toi ». L’Envoyé de Dieu (sur lui la bénédiction et le salut) a dit : « O ‘Abdoullah ! Ne t’avais-je pas dis de jeûner le jour et de veiller en prière la nuit ? » – « Certes, ô Envoyé de Dieu, répondis-je. » 
- « Ne fais plus cela ! Jeûne et mange ; veille et dors, car ton corps a des droits sur toi ; ton œil a des droits sur toi ; et ta femme a des droits sur toi ». Ce hadîth fut rapporté par al Boukhârî dans le livre « les veillées en prière », et par Moslim dans le livre « Du jeûne », au chapitre « De la prohibition de jeûner continuellement » En somme, la satisfaction de la femme devient un devoir social pressant de l’homme selon al Ghazâlî : «Car, la préservation de la vertu de la femme est une obligation pour le mari. Il convient que le mari multiplie ou diminue les rapports sexuels avec sa femme selon le besoin qu’en a la femme pour demeurer vertueuse », puis, il ajoute : « il est bon que le mari s’approche de la femme une fois toutes les quatre nuits, c’est là une juste mesure… » p.50 
12) Hadîth rapporté par al Tabarânî dans al Awsât, d’après Ibn ‘Omar.
13) Delon al Ghazâlî, la sexualité de l’homme et celle de la femme participent et appartiennent au même type de sexualité, contraire à ce qui a été avancé par Freud qui voit en elle une rencontre antagoniste entre agression et soumission.
14) Rapporté par ‘Abd al Wahhâb al Cha‘arânî dans le « Kachf al ghoumma » au chapitre « De l’éthique du coït » p. 102, deuxième volume ; et par al Bayhaqî dans « Chou‘ab al imân », d’après Aboû Houraïra.
15) Rapporté par Aboû Nou‘aïm dans « al Hilya », d’après Aboû Houraïra.
16) idem
17) L’imâm, le connaisseur ‘Abd al Wahhâb al Cha‘arânî.
18)  « al Bahr al mawroûd fî al mawâtiq wal ‘ouqoûd » p. 201
19) Coran II, 223
20) “Al Bahr al mawroûd…”

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