Croire en Dieu une nécessité naturelle

Au  Nom de Dieu Le Très Clément par essence, Le Très Miséricordieux par excellence.

Dieu (Que soit exaltée Sa Toute-Puissance) dit : «Oriente-toi donc exclusivement vers la religion, en pur monothéiste. Telle est la nature conformément à laquelle Dieu a créé les humains. Nul changement à la création de Dieu. » (Sourate 30/Verset 30).

L’Islam affirme que Dieu est senti par nous. Il vit en nous, d’où l’évidence spirituelle sur laquelle il a été fondé, le sentiment d’Absolu, conformément à la nature même de l’Homme.  Dieu (gloire à Lui) a dit : « Et lorsque ton Seigneur prit des fils d’Adam - de leur dos - leur progéniture et les fit témoigner contre eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Seigneur et Maître? »  Ils répondirent : « Que si ! Nous en témoignons! » » (Sourate 7/Verset 172).

Donc, l’adoration de Dieu, le fait de Le reconnaître, est inhérente à la nature de l’Homme et à son âme, puisque sa nature est instinctivement orientée vers Dieu.  C’est pour cette raison que la non-croyance est considérée comme une déviation et une infidélité, car elle tend à cacher la vérité, la nature propre de l’être humain.  Il faut signaler ici que le verbe « kafara », en arabe, signifie « cacher », et que les agriculteurs sont appelés « kouffâr », parce qu’ils recouvrent les graines de terre.  Renier Dieu est une rébellion de l’Homme contre Dieu, rébellion qui ne peut faire aucun tort à Dieu, bien au contraire ; c’est l’être humain qui fait les frais de cette désobéissance.  En effet, Dieu dit : « Celui que Dieu égare, tu ne lui trouveras jamais d’issue. » (Sourate 4 /Verset 88).

Dans son ouvrage « Les deux sources de la morale et de la religion », p. 105, Henri BERGSON écrit : « Il y a eu, et il y a encore des groupes humains qui n’ont aucune notion de l’art, des sciences ou de la pensée, mais jamais on n’a trouvé des peuples sans religion. »

Que veut-on dire par « nécessité naturelle », par «al fitra» ? 
«Al fitra » n’est pas un aspect physique de l’Homme ; c’est plutôt la réaction de l’esprit humain face à la croyance en Dieu, car l’Homme semble avoir cherché depuis toujours à connaître Dieu.  Le Prophète Mouhammad (Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui) a dit à ce sujet : « Chaque enfant naît avec la nature propre de l’Homme («al fitra ») ; ce sont ses parents qui font de lui un juif, un mazdéen ou un chrétien. » (Rapporté par Al Boukhârî, Aboû Dâwoûd et autres).

NECESSITE PHILOSOPHIQUE

Il faut ici rappeler que l’être humain est composé d’une raison, et de membres qui en sont les serviteurs.  C’est la raison qui confirme l’existence de Dieu, puisqu’elle est assujettie aux règles de la logique.

Métaphysiquement, la personne, croyante ou non, se trouve placée sur un plan dialectique où les alternatives, les options, émanent du Moi, mais convergent vers Dieu, le Créateur-Ordonnateur, même si Son existence est niée.  Ne trouvons-nous pas, au fond de nous-mêmes, les signes «âyât», les plus importants de l’Omniprésence divine ?  Adorer Dieu, c’est se mettre en harmonie avec l’Univers tout entier, car c’est adorer Celui que tout l’univers adore et loue.  Dieu dit ainsi : « Il n’est rien qui ne chante Sa louange, mais c’est vous qui ne comprenez pas leurs louanges ! » (Sourate 17/Verset 44).

Dieu (Exalté) dit aussi : « C’est Dieu Qui fait éclater la graine et le noyau!  Il fait sortir le vivant du mort, et c’est Lui Qui fait sortir le mort du vivant!  Tel est Dieu ! Jusqu’où donc vous en laissez-vous conter ? » (Sourate 6/Verset 95).

Dieu (Exalté) dit aussi : « C’est Lui Qui fit pour vous les étoiles afin que vous vous orientiez sur elles dans les ténèbres de la terre et de la mer...  Nous avons ainsi détaillé les signes à un peuple qui sait ! » (Sourate 6/Verset 97).

En Islam, donc, le savoir élaboré par la perception et la raison prouve l’existence de Dieu.  S’appuyant sur la valeur instrumentale de la raison, l’Islam incite à l’exercer, à pratiquer la science profane.  Devant son incapacité manifeste à obtenir une réponse vraiment apaisante à ses questions métaphysiques et spirituelles, l’être humain ne peut que reconnaître Dieu (Exalté) : « Il est Dieu dans les cieux et sur la terre, Qui a fait les ténèbres et la lumière... »
(Sourate 6/Verset 1).

L’adoration est la jonction entre Dieu comme tel et l’être humain comme tel. En reconnaissant Dieu, le croyant ne s’oppose pas à Dieu, mais se pose par rapport à Lui.

NECESSITE EXISTENTIELLE

La conception unitaire de l’Islam donne une place de choix à l’équilibre qui est nécessaire pour l’existence de l’Homme : elle n’exige rien qu’un mariage de raison entre l’esprit et le corps.  C’est pourquoi l’Islam recommande de maintenir l’équilibre entre ces deux composantes de l’Homme : son corps et son esprit.  Dieu (exalté soit-Il) dit : « N’oublie pas ta part de ce monde, et sois bienveillant comme l’a été Dieu envers toi ! » (Sourate 28/Verset 77).

Cette conception islamique considère le fait d’adorer Dieu, de Le reconnaître et d’adopter Ses commandements, comme l’unique moyen pour asseoir une société exemplaire permettant à l’être humain de vivre son existence en toute quiétude.  L’Islam, qui est l’expression de l’adoration de Dieu, propose une organisation sociopolitique qui est une discipline, un impératif intérieur, qui nous porte à bousculer contraintes et obstacles internes et externes, car la foi en Dieu doit être vécue.  Dieu (Exalté) le précise dans ce verset : « Les Bédouins ont dit : « Nous croyons! ».  Réponds-leur : « Vous ne croyez pas!  Dites plutôt : « Nous nous sommes convertis à l’Islam ! », car la foi n’a pas encore pénétré votre cœur ! » (Sourate 49 /Verset 14).

L’Islam est un système de vie qui résulte de l’adoration de Dieu car, malgré son autonomie, son pouvoir d’initiative, sa liberté, sa vocation et son intelligence, l’Homme n’en reste pas moins à la merci de la volonté de Dieu, soumis à Ses décrets : il y a une prévisibilité des phénomènes, les lois qui gouvernent l’univers sont impersonnelles et l’Homme les subit.

Dieu (Exalté) veut que l’on croie en Lui, car Son vouloir, c’est de préserver et de sauvegarder l’ordre du monde, de la création.  Ainsi, toutes les lois révélées ont eu pour but de circonscrire, d’encadrer les agissements des humains, de manière à ce qu’ils réussissent à réaliser leur bien-être dans ce bas-monde et à acquérir la félicité dans l’Au-delà.  La raison est incapable de cerner tout cela à la fois, et de préconiser les lois, toutes les lois, se rapportant à toutes les situations, et à tous les comportements des êtres humains.  L’Homme est incapable de se doter de lois justes, de par sa seule intelligence.  Seule, l’adoration de Dieu mène à une connaissance totale et globale.

CONCLUSION

L’être humain a besoin de Dieu.  Croire en Dieu est nécessaire pour sa vie.  Cependant, cette adoration, cette croyance en Dieu, doit s’exprimer dans tous les agissements de l’Homme.  L’adoration de Dieu impose une discipline stricte, librement consentie par le croyant.  Toute la vie du croyant sera rythmée en fonction de cette reconnaissance.  Cette connaissance de Dieu s’exprime, en Islam, par la « chahâda », et encadre toute la vie du croyant.  Par « chahâdatou : an lâ ilâha illâ Allâh », la personne affirme sa réalité autonome et sa propre dignité.

Reconnaître La Toute-Puissance divine, c’est en même temps reconnaître son propre pouvoir de juger et d’apprécier.

Ainsi, l’adoration est synonyme d’engagement ; cela suppose un dépassement de soi.

En résumé, la fonction de l’Homme, selon l’Islam, consiste à adorer Dieu, afin que l’être humain devienne un aspect de la Justice et de la Loi divines.

Dieu (Exalté) dit : « Dieu a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre, comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés.  Il donnera force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. » (Sourate 24/Verset 55).

On peut donc dire que le fait de croire en Dieu et de L’adorer, qui sont une nécessité pour l’être humain, constituent un lien du croyant avec Dieu, et sont existentiels avant d’être rationnels.

 

 

En vérité,  Dieu est Le plus savant !

Hassan Amdouni