Les épouses du Prophète (paix et bénédiction sur lui)

Les épouses du Prophète (paix sur lui), par ordre chronologique

1) Khadîjah, fille de Khuwailid, mecquoise de la tribu Asad. Elle avait 40 ans lorsqu’elle épousa Muhammad (paix sur lui), alors âgé de 25 ans. Elle était veuve et mère de deux enfants.
Durant leurs 25 années d’union, jusqu’à la mort de Khadîjah, Muhammad (paix et bénédiction sur lui) resta monogame.
Ils traversèrent des évènements extraordinaires et d’autres particulièrement douloureux. Ils eurent trois fils, qui moururent en bas âge et quatre filles : Zaynab, Ruqaîyah, Umm Kulthûm et Fatima.
A cette époque où les arabes considéraient la naissance d’une fille comme un déshonneur, ce destin familial était douloureux. Mais, la tradition rapporte que Muhammad (paix sur lui) et son épouse ont entouré leurs filles d’un amour incommensurable et d’une attention constante, qu’ils exprimaient publiquement (nous le verrons plus loin).

A quarante ans, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) reçoit la première révélation, il est troublé et ressent un doute profond, ne sachant plus qui il est, ni ce qui lui arrive. C’est alors vers son épouse, Khadîja, qu’il se rend.
Celle-ci l’enveloppe de son amour, le réconforte, lui rappelle ses qualités et
lui redonne confiance en lui. Ils seront deux à faire face, à essayer de comprendre le sens de cette épreuve, pour ensuite répondre à l’appel de Dieu (Exalté soit-Il). Khadîja était un signe envoyé par Dieu ; à travers elle, Il manifestait au Prophète (paix sur lui) Sa présence et Son soutien . Ainsi, Khadîja était la première personne à embrasser l’Islam et elle demeura aux côtés du Prophète (paix sur lui) durant les dix premières années de sa mission, l’accompagnant fidèlement.

Le dernier prophète de Dieu (paix et bénédiction sur lui) n’était donc pas seul, Khadîja le soutenait ; cette épouse était un don, manifestant l’amour de Dieu (Exalté) à son égard.
Elle décéda en l’an 10 de la révélation. Après sa mort, le Prophète (paix sur lui) ressentait toujours pour elle de l’amour et s’égayait à son souvenir, ce qui suscita même la jalousie de sa jeune épouse ‘Aïcha.

2) Sawdah, fille de Zam’ah, mecquoise de la tribu ‘Amir ibn Lu’aîy. Khadîjah venait de mourir et Muhammah (paix et bénédiction sur lui) avait plusieurs enfants en bas âge. Sawdah était veuve et ne se distinguait ni par sa jeunesse ni par sa beauté. Mais, depuis qu’elle avait embrassé l’islam, sa foi était ferme, elle était forte et patiente.
Sawdah avait 50 ans lorsque le Prophète (paix sur lui) lui proposa le mariage, lui témoignant ainsi de son estime. Ils se marièrent vers l’an 3 avant l’Hégire. Elle était honorée par ce privilège et s’occupait des enfants du Prophète comme s’ils étaient les siens.
Elle fût une grande amie pour certaines de ses co-épouses, en particulier pour ‘Aïcha, qui était encore jeune lors de son entrée dans la maison.

Elle était d’une compagnie agréable et charitable, elle faisait parfois rire le Prophète (paix et bénédiction sur lui). ‘Aïcha a dit à son sujet : « Je n'ai guère connu de femme à laquelle j'aurais aimé ressembler autant que Sawdah ». [Rapporté par Muslim]
Elle dit également : « Lorsque Sawdah eut atteint un certain âge, elle m'a cédé sa nuit avec l'Envoyé d'Allah ». [Rapporté par Muslim]

Un jour, Sawdah dit au Prophète (paix sur lui) : « J'ai prié derrière toi cette nuit. Tu es resté dans la prosternation (si longtemps) que j'ai bouché mon nez de peur qu'il ne saigne».

Elle mourut sous le califat de ‘Umar, en l’an 24 H. Elle légua son appartement à sa grande amie ‘Aïcha, qui put ainsi agrandir le sien, devenu exigu depuis l’enterrement du Prophète(paix et bénédiction sur lui) dans une partie de sa chambre à coucher.

3) ‘Aïcha, fille d’Abû Bakr, mecquoise de la tribu Taïm. Muhammad (paix sur lui) l’épousa alors qu’elle n’avait que 7 ans, en l’an 2 avant l’H. Mais, elle resta chez ses parents jusqu’à sa puberté, à partir de ce moment elle rejoignit son mari, à Médine. Le Prophète (paix sur lui) avait besoin d’une femme intelligente et enthousiaste pour interpréter et enseigner les Lois de l’islam auprès de la communauté. A ce sujet, elle avait impressionné le Prophète (paix sur lui). En effet, malgré son bas âge, elle avait toujours eu une soif de science.
Ibn Abu Huryra rapporte : « Aïsha, épouse du Prophète, n'entendait jamais une chose qu'elle ne comprenait pas, sans revenir à la charge auprès de lui, jusqu'à ce qu'elle l'eût bien saisie ». [Rapporté par Bukhârî]
Lorsque le Prophète (paix et bénédiction sur lui) parlait aux gens dans la mosquée, elle se tenait près de la porte de son appartement pour écouter et profiter des différents enseignements.

Par ailleurs, elle était la fille du plus grand ami du Prophète (paix et bénédiction sur lui). La société arabe attachait une grande importance à la généalogie et le mariage contribuait beaucoup à raffermir la solidarité entre deux familles ou deux tribus. Ainsi, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a fait honneur à son plus proche compagnon, en renforçant leur lien grâce à cette belle-alliance.

‘Aïcha deviendra une des plus grandes juristes de l’Islam et était particulièrement douée pour les lettres. Elle fut, durant neuf ans, la personne la plus intime du Prophète et nous a rapporté un grand nombre de traditions prophétiques (ahadith) : environ 2200 !
Elle était également une infirmière courageuse durant les expéditions militaires, elle se chargeait également de rassasier les combattants.
Le hadîth rapporté par Anas en témoigne : « Je vis Aisha et Um Salama, les vêtements retroussés au point que je pouvais apercevoir le bas de leurs jambes, bondir avec les outres sur le dos et les vider dans la bouche de la troupe. Ensuite, elles venaient remplir leurs outres et retournaient à nouveau les vider dans la bouche de la troupe ». [Rapporté par Bukhârî]

Elle avait de grands talents pour les questions suivantes : juridiques, médicales, mathématiques, littéraires, historiques, folkloriques.
Elle était, par ailleurs, sportive. Pour lui faire plaisir, le Prophète(paix sur lui) courait parfois avec elle, lors des loisirs dans les campements.
Elle mourut en l’an 57 H.

Nous constatons que les quatre compagnons les plus proches du Prophète (paix sur lui) détenaient le lien de la belle-alliance avec lui. Abû Bakr et ‘Umar lui marièrent leur fille ; quant à ‘Uthman et ‘Ali, ils épousèrent les filles du Prophète(paix sur lui).

4) Hafsah, fille de ‘Umar, mecquoise de la tribu ‘Adî. Elle fût veuve à l’âge de 22 ans, son mari mourut à la bataille d’Uhud en l’an 3 H. Son père, le futur calife, proposa la main de sa fille à chacun de ses deux amis, Abû Bakr et ‘Uthman,
ceux-ci refusèrent. Attristé, il alla se plaindre auprès du Prophète (paix et bénédiction sur lui), ce dernier le consola et demanda la main de Hafsah, ainsi il honora et distingua ‘Umar.

Elle était issue d’une famille d’intellectuels et était parmi les rares femmes de son époque, qui savait lire et écrire. Elle a également conservé un grand nombre de traditions (ahâdith) sur ce que le Prophète avait dit ou fait.
Elle décéda en 45 H.

5) Zainab, fille de Khuzaimah, Najdite domiciliée à la Mecque. Son deuxième époux était de la famille du Prophète(paix sur lui), il s’agissait de ‘Ubaidah ibn
al-Hârith ibn al-Muttalib, il était musulman et fût tué à la bataille de Badr, Zainab avait alors environ trente ans.
Même avant l’Islam, elle était surnommée Umm al-Masâkin (mère des pauvres), en raison de sa charité.
Elle mourut trois mois après son mariage avec le Prophète(paix et bénédiction sur lui).

6) Umm Salamah (Hind), fille d’Abû Umaiyah ibn al-Mughîrah, mecquoise. Hind (de son vrai prénom) et son premier mari (Abû Salamah) ont embrassé l’islam très tôt. Lorsque son mari quitta la Mecque pour Médine, ses parents l’ont empêchée de l’accompagner. Elle lutta à la Mecque contre sa famille et celle de son époux. Ceux-ci finirent par l’autoriser à partir : elle arriva toute seule à Médine !
Son mari fût tué durant la bataille d’Uhud de l’an 3 H. Elle était très malheureuse et pleurait beaucoup.

Le Prophète(paix sur lui) voulut la consoler de cette épreuve en lui faisant une place parmi ses épouses. Lorsqu’il demanda sa main, elle s’excusa, invoquant son âge avancé et la charge de ses enfants. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) lui répondit : « L’âge avancé auquel tu es parvenue, j’y suis parvenu moi aussi et tes enfants sont aussi les miens ».
Elle était poétesse et savait lire. Elle nous a transmis beaucoup de traditions sur la vie et l’enseignement de Muhammad (paix et bénédiction sur lui) .

7) Zainab, fille de Jahch. Sa mère (Umaimah) était la tante paternelle du Prophète(paix sur lui). Au départ, Zainab aimait tendrement son cousin, Muhammad et s’était fait le vœu secret que s’il l’épousait un jour, elle jeûnerait durant deux mois, pour remercier Dieu (Exalté). Malgré les mariages de l’Envoyé(paix sur lui), elle ne désespérait pas et était restée célibataire jusqu’à l’âge de 35 ans.
Le Prophète recommanda à Zainab d’épouser Zaid ibn Hârithah, esclave affranchi et fils adoptif du prophète. Ne pouvant divulguer son secret, elle accepta. Mais, le couple n’était pas heureux : tous deux étaient nerveux et échangeaient des propos amers. Malgré les interventions du Prophète(paix sur lui) tentant de les réconcilier, ils finirent par divorcer.

Quelques mois plus tard, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) reçut, à travers la révélation, l’ordre de Dieu (Exalté) d’épouser Zainab. Ce verset visait à annuler l’interdiction pré-islamique qui empêchait des parents adoptifs d’épouser l’ex-conjoint de cet enfant adoptif. Cette interdiction était alors répandue chez les arabes, en raison de l’importance qu’ils accordaient à l’adoption.

Face à ce commandement divin, et vu le bouleversement qu’il allait provoquer dans la société, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) semblait hésiter un instant. Il reçut alors le verset suivant : « …Quand tu disais à celui que Dieu avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l’avais comblé : Gardes pour toi ton épouse et crains Dieu>, et tu cachais en ton âme ce que Dieu allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Dieu qui est plus digne de ta crainte. Puis, quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement de Dieu doit être exécuté » .

Lorsque Zainab reçut la bonne nouvelle que le Prophète (paix sur lui) voulait enfin l’épouser, elle se leva pour célébrer un office de prière en remerciement à Dieu(Exalté).
Elle était artisane et très charitable, elle tannait des peaux et fabriquait des objets de cuir. Elle distribuait le bénéfice de son travail aux pauvres.
Elle mourut en l’an 20 H, la première à disparaître parmi les veuves du Prophète(paix et bénédiction sur lui).

8) Juwairîyah, fille d’al-Hârith, de la tribu des Banu’l- Mustaliq. Cette tribu fit des préparatifs de guerre contre l’Islam, ce qui donna la guerre du Fossé.
Juwairîyah était la fille du chef vaincu ; elle tomba dans le lot de prisonniers, elle se retrouva au service de deux soldats musulmans, qui décidèrent de la libérer contre paiement d’une rançon.

Elle se rendit auprès du Prophète (paix et bénédiction sur lui), déclara sa conversion à l’Islam, et demanda son aide pour racheter sa liberté, tout en lui racontant ceci: «Ô envoyé de Dieu, je suis la fille du chef de mon peuple, al-Hârith; tu vois le malheur qui m’a frappée, la position où je suis réduite; aide-moi pour racheter ma liberté, Dieu va t’aider».
Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) répondit à sa demande et lui proposa le mariage. Elle n’eut pas d’hésitation.

Lorsque les soldats musulmans apprirent la nouvelle, ils libéraient aussitôt l’ensemble des esclaves de la tribu de Juwairîyah. Quant aux hommes en fuite, ils s’adressaient au Prophète (paix et bénédiction sur lui) pour embrasser l’Islam. Cette union permit donc la libération d’esclaves arabes ainsi que la conversion d’une grande tribu.

Juwairîyah était réputée pour sa piété, sa prière et ses jeûnes. Nous lui devons également quelques traditions sur la vie de Muhammad (paix et bénédiction sur lui)

Elle mourut en l’an 57 H.

9) Umm Habibah, fille de Abû Sufyân, qui était le chef de la tribu de Quraysh et le commandant de l’armée qurayshite à la bataille de Uhud contre le Prophète (paix et bénédiction sur lui) , et à la bataille des coalisés. Umm Habibah s’était convertie à l’Islam très tôt et avait émigré en Abyssinie avec son époux, en raison de la tension subie par son père. Ce dernier est devenu alcoolique et a apostasié, il mourut peu de temps après.
Malgré la pression de son mari, elle s’est accrochée fermement à l’Islam.

Lorsque cette nouvelle vint au Prophète (paix et bénédiction sur lui), il voulut la consoler de ce malheur.
Il envoya un message au Négus, dans lequel il le chargeait de contracter leur mariage (si Umm Habibah était d’accord) et ce, malgré l’absence du Prophète (paix et bénédiction sur lui) et la distance qui les séparaient. Elle accepta et reçut une dot de quatre mille dirhams.
Lorsque Abû Sufyân (père de Umm Habibah) apprit cette nouvelle, il en était fier et par la suite, il s’adoucit vis-à-vis du Prophète (paix et bénédiction sur lui).

Elle mourut en l’an 59 H.

10) Safîyah, fille de Huyaîy, le célèbre juif (de Khaïbar) qui coalisa les tribus païennes contre le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) et qui l’affronta au cours de plusieurs batailles. Le père de Safîyah était mort, sa famille avait péri. Elle était une jeune veuve. Afin de la réconforter dans sa détresse et de se réconcilier avec sa tribu vaincue, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) l’épousa.

« La nuit des noces, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) la consolait au sujet des pertes subies par son peuple, et s’excusait en expliquant les raisons pour lesquelles il avait été amené à combattre les Khaibariens, la responsabilité incombant à ces derniers » .
Elle a également rapporté un certain nombre de traditions sur le Prophète (paix et bénédiction sur lui).

Elle mourut en l’an 50 H.

11) Maimûnah, fille d’al-Hârith, et demi-sœur de Zainab (fille de Khuzaima et 5ème épouse du prophète). Elle avait huit autres sœurs, toutes mariées à de grands personnages de tribus diverses. Maimûnah était veuve, âgée de 36 ans lorsque le Prophète (paix et bénédiction sur lui) l’épousa.
Le mariage eu lieu en l’an 7 H, à la Mecque, Muhammad (paix et bénédiction sur lui) s’y était rendu pour le petit pèlerinage. A travers ce mariage, le Prophète (paix et bénédiction sur lui) cherchait notamment un apaisement dans les rapports de l’Islam avec la Mecque.
Sa visite à la Mecque était soumise aux conditions de la trêve de Hudaîbyah : il ne pouvait y demeurer plus de trois nuits. Au terme de ce délai, un délégué Mecquois lui demanda de quitter la Mecque. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) lui dit : « Qu’est-ce que cela te fait si tu nous laisses davantage ici ? Je me suis marié ; je vais donner une grande fête et je vous invite tous au repas de noces » .
Les mecquois rejetèrent sa proposition, et ce, malgré les efforts du Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) tentant à différentes occasions la réconciliation avec ses ennemis.
Maimûnah a également rapporté un grand nombre de traditions sur la vie du Prophète (paix et bénédiction sur lui), elle mourut en 51 H.

Nous constatons que le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a contracté
11 mariages, mais deux de ses épouses moururent (Khadîjah et Zainab). Dès lors, il n’avait jamais plus de neuf épouses à la fois.